Salle Pleyel : on y va quand, on y va comment ?
Soyons honnêtes : avant d’écrire cet article, on s’est d’abord demandé pourquoi on l’écrit. La Salle Pleyel, c’est la salle de concerts parisienne par excellence — du moins, c’était. Depuis janvier 2015, sa programmation classique a été transférée à la Philharmonie de Paris, et la Pleyel n’est plus vraiment la salle de référence pour les grands orchestres. C’est devenu une salle mixte : concerts, spectacles, privatisations, et même les César du cinéma de 2017 à 2020, le temps que le Châtelet refasse sa façade. La question n’est donc pas « faut-il y aller », mais « quand et pour quoi ». On répond.
L’adresse et l’histoire, en deux paragraphes
La Salle Pleyel est située au 252 rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement de Paris, entre l’avenue Hoche et la place des Ternes, à deux pas de la place de l’Étoile (Wikipédia FR). L’inauguration a eu lieu le 18 octobre 1927. Le chantier avait été lancé le 5 décembre 1924 sur un terrain de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Le bâtiment doit son nom à la manufacture française de pianos Pleyel, fondée par Ignace Pleyel en 1807, et qui avait déjà son propre lieu de concert parisien au XIXe siècle — Chopin y donna son dernier concert parisien en 1848. La Pleyel d’aujourd’hui, c’est donc un peu l’arrière-petite-fille de cette salle de la rue Rochechouart.
Les architectes de la salle de 1927 sont Gustave Lyon, Jacques Marcel Auburtin, André Granet et Jean-Baptiste Mathon (Wikipédia FR). La capacité, après la rénovation 2002-2006, est de 2 036 places en configuration tout assis et 2 503 en assis-debout (Wikipédia FR). Ce n’est pas une petite salle, c’est même l’une des plus grandes salles parisiennes. Ce qui veut dire qu’on n’y va pas pour l’intimité — on y va pour le poids de l’événement.
Comment on y va
C’est là que Madame Patate peut être utile : pour qui n’est pas parisien, l’adresse fait un peu peur. Le 252 rue du Faubourg-Saint-Honoré, c’est un quartier d’affaires et d’ambassades, à quelques centaines de mètres de l’Arc de Triomphe.
- Métro : la station la plus proche est probablement Saint-Philippe-du-Roule (ligne 9), à environ 5 minutes à pied. À défaut, Charles de Gaulle – Étoile (lignes 1, 2, 6, RER A) est à 10 minutes à pied mais permet toutes les correspondances.
- Bus : la ligne 93 dessert le secteur (arrêt Haussmann – Courcelles ou Hoche – Saint-Honoré, à vérifier sur le plan RATP avant départ).
- Voiture : mauvaise idée en semaine, le quartier est un cauchemar de stationnement. Parking Indigo à proximité, mais onéreux.
- Vélib’ / marche à pied : la salle est très bien située pour qui veut descendre les Champs-Élysées à pied depuis l’Arc de Triomphe.
L’entrée se fait par la façade principale. Aucune combine particulière : on arrive, on montre son billet, on patiente en sirotant un verre au foyer si on est en avance.
Quand est-ce qu’on y va vraiment
Voilà la question utile. Depuis 2015, la Pleyel n’est plus le temple du classique. Ce qui s’y passe désormais, en simplifiant : des concerts pop, des tournées internationales, des humoristes en tournée, des conventions d’entreprise, et quelques récitals. Si vous cherchez un concert de l’Orchestre de Paris, ce sera à la Philharmonie. Si vous voulez aller voir un grand pianiste en récital solo, ou un chanteur international en tournée française, il y a encore des chances que ça passe à la Pleyel.
Pour les Lisboètes de Madame Patate : le programme est consultable sur le site officiel de la salle. Ne vous attendez pas à une programmation d’amateur de musique classique pur — c’est désormais une salle généraliste haut de gamme. À vous de voir si ça correspond à votre envie du moment.
Le truc Madame Patate
Le patrimoine de la salle est réel : 1927, façades classées, monument historique inscrit en 2002, salle classée pour son acoustique d’origine (Wikipédia FR). Aller à la Pleyel aujourd’hui, c’est un peu comme aller dans un grand restaurant historique dont la carte a été simplifiée : on y va pour le lieu autant que pour ce qu’on y mange. Ce qui reste remarquable, c’est le foyer, la mezzanine, l’acoustique revue en 2006, et l’idée qu’on est dans une salle où Ravel, Debussy, Stravinsky et plus récemment Benjamin Biolay ont joué. Pour qui aime l’idée de marcher dans les traces, ça compte.
La Salle Pleyel reste un lieu parisien qui vaut le déplacement, mais plus pour son histoire et son volume que pour sa programmation classique d’antan. Vérifiez l’agenda avant d’acheter un billet, choisissez votre soirée en fonction de ce qui s’y passe réellement, et profitez du quartier si vous n’êtes pas parisien — l’Arc de Triomphe et les Champs ne sont pas loin.
