Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit le péage,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par les montées, j'irai par les virages,
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je roulerai les yeux fixés sur mon compteur,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seule, inconnue, le dos courbé avec la peur
Des radars, ces salauds, partout ils en ont mis !

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les poids-lourds au loin doublant comme des zinzins,
Et quand j'arriverai, comme ça fera des plombes,
Sans même dire bonjour, j'irai au petit coin.

(Et en parlant de tombe, j'en connais un qui doit faire des bonds au Panthéon !!)