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Mot-clé - Nombrilisme

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jeudi 08 décembre 2016

#JeudiConfession (32)

Avent-2016-J8.jpg
(Je suis une Patate Pourrite, je ne la laisse pas ouvrir les cases de mon joli calendrier)

A la vérité, je n'aime pas partager.

Ce qui ne veut pas dire que je ne le fasse pas, attention, je partage même beaucoup. Je suis du genre à te laisser le dernier morceau de gâteau, à toujours te proposer un chewing-gum ou un bonbon de mon paquet, parce que foncièrement je suis plutôt sympa, mais... au fin fond du fond du secret de mon coeur... je n'aime pas cela.
Le plaisir de faire plaisir et/ou d'être une "bonne personne" n'est jamais suffisant pour faire taire le petit diablotin qui me chuchote à l'oreille que quand même, ils sont drôlement bons ces bonbecs et que MOI je l'aurais sûrement mieux apprécié, celui-là; ou que je serai bien avancée quand je n'aurai plus de chewing-gums et alors là où tu seras pour m'en donner un, hein ?

Donc je partage, oui.
Mais ça m'emmerde. Et je suis trop polie et policée pour ME faire passer au premier plan pour une fois; accepter l'idée qu'il n'est écrit NULLE PART que je dois être une bonne et parfaite personne TOUT LE TEMPS; assumer le fait que oui, JE la voulais cette dernière part de gâteau et qu'il n'y avait pas plus de raison que TU l'aies plutôt que moi (à part cette injonction à par-ta-ger que j'ai tellement bien intégrée).

Donc, je partage.
Et cela m'emmerde. Ce qui finalement, me gâche AUSSI le plaisir d'avoir fait plaisir. Et me fait culpabiliser de cette égoïste pensée, en prime.
Ou comment être perdante sur toute la ligne...


Ma surprise de l'Avent n°8, en revanche, je veux bien la partager avec toi, j'en ai fait une théière entière.
Le Grand Jasmin Chun Feng est un thé vert au jasmin (Comment ça, tu t'en doutais ?) absolument délicieux, et qui n'est pas du tout amer, même préparé par une Patate, c'est à dire laissé - oublié - à infuser 10 minutes au lieu des 3 préconisées.
Le site internet m'apprend que les fleurs ont été retirées à la main exprès pour éviter l'amertume... Je n'ai pas la moindre idée de si c'est leur retrait qui garantit cela, ou si c'est le côté manuel de la chose (Ze magic touch ?) mais le fait est que ça marche.

Si tu n'as jamais goûté de thé au jasmin, ou que tu en as goûté un dont l'amertume t'a fait grimacer en mode "plus jamais", je t'invite à tenter celui-là, il a des chances de vous réconcilier, le jasmin et toi.


jeudi 24 novembre 2016

Hé Patate, va te faire coniser !

conisation (du col) : n. f.
intervention chirurgicale mineure pratiquée sur une majeure le col de l'utérus, sous anesthésie locale ou loco-régionale, par voie naturelle grâce à un outil qui chauffe tellement fort qu'il finit par couper comme un bistouri (laser ou anse diathermique), et consistant à retirer sur tout le pourtour du col de l'utérus un morceau en forme de cône. D'où le nom de l'opération, tu vois ?

Outre creuser le trou de la Sécu, cette intervention poursuit le double objectif de 1- diagnostiquer les lésions du col de l'utérus que l'on a détectées lors d'un frottis, et de 2- traiter ces lésions: tant qu'à y être, on embarque tout et on réfléchit après.

Col-avant-apres.gif
En l'occurrence, c'est ce brave anatomo-pathologiste qui réfléchit derrière son microscope, en analysant le cône de tissus qui a été prélevé. Lui seul sait dire non seulement ce que c'était, mais aussi si impératrice (Pardon !) on a bien tout enlevé ou s'il va falloir y retourner.

(Source: une page pleine de mots savants qui dramatise quand même drôlement le geste, parce que perso j'ai dû certes aller à l'hosto, mais je n'ai pas dû voir d'anesthésiste, on ne m'a pas posé de perfusion, et ça n'a pas été plus compliqué qu'une consultation) (Enfin je pense, je n'ai pas encore reçu la facture)

Tu l'auras compris, après quelques années de frottis anormaux (pas inquiétants mais pas normaux, mais "ça passe tout seul le plus souvent", mais quand même toujours pas normaux, mais "on va recontrôler dans 6 mois"), ton tubercule préféré s'est installé un beau matin d'octobre dans sa position pas préférée du tout: les pieds dans les étriers, avec Gentille Gynéco entre les genoux et un spéculum tout froid, .

"Détendez-vous, je dois mettre le spéculum bien en place".
Oui parce qu'il va y rester une bonne vingtaine de minutes, le temps de tout boucler, alors autant qu'il soit bien posé. Et comme il va servir à faire passer l'outil laser et à travailler là-dedans, tu penses bien qu'on ne choisit pas la version miniature... Donc tu prends les 5 minutes désagréables d'un examen gynéco habituel, tu les multiples par 4, tu ajoutes dans mon cas l'utérus rétroversé dont il faut repositionner le col à la pince (A LA PINCE, PURÉE !), et tu n'oublies pas les précieuses minutes que Gentille Gynéco et Douce Infirmière ont passées à calmer l'hyperventilation et les spasmes d'une Patate en pleurs et au bord du malaise.

J'avoue, je ne suis pas très fière de moi: intellectuellement j'avais bien saisi le concept du "si tu sanglotes, ton ventre se contracte et ton utérus court se planquer dans le fond" et je connais la chanson du "si tu bloques ta respiration ça fait encore plus mal" assortie du "si tu respires trop vite tu tombes dans les pommes", mais dans les tripes c'était un autre refrain... il n'a pas fallu 2 minutes pour que je me transforme en chiffe larmoyante prête à tourner de l'oeil. Encore heureux, je ne suis pas tombée sur un tortionnaire en pyjama qui m'aurait gueulé dessus parce qu'il n'arrivait pas à bosser correctement, mais sur la crème de la crème des soignantes, qui m'ont dit et répété qu'on n'était pas pressées et que tout allait bien se passer.

(Si tu est arrivée via Gogole et que tu prends peur, je te rassure: OUI, je suis douillette, ce n'est qu'un (très) mauvais moment à passer et non je n'en suis pas sortie traumatisée) (N'entends-tu pas ricaner dans le fond toutes les parturientes qui se sont tapé des heures de contractions ?)

"Voilà on y est"
"Je vais mettre un produit sur votre col pour bien voir où je dois travailler."
...
"Ah oui, je ne vous avais pas dit, ça peut un peu picoter."
...
"C'est presque terminé."
...
"...Pour le produit. Maintenant on va faire l'anesthésie."
...
Ah, l'anesthésie ! Non pas une, non pas deux, mais quatre piqûres (QUATRE !) de produit, sans doute le même que celui que ton sadique de dentiste utilise parce que ça brûle et ça tord pareil, mais dans le creux de ton bide. Quatre piqûres donc, (QUATRE !!!) parce que le col est rond et qu'il faut en faire tout le tour. Juste un mauvais moment à passer...

"Courage, ça va s'endormir et vous ne sentirez plus rien."
Et de fait, je n'ai ensuite plus rien senti, si ce n'est une vague odeur de méchoui une fois que le laser a commencé à couper/crâmer dans mon col utérin. Tsouin tsouin.


Les suites immédiates ?
Le reste de la journée avec une bouillotte sur le ventre et des crampes comme un très vilain premier jour de règles, à chouiner sur mon triste sort dans le canapé en disant à Miss PotatoCat que non, ce n'est pas le jour pour me pattouner sur les bourrelets, et que si elle continue je vais la vendre à un resto chinois, et puis... plus rien.
(Et oui, le félin est toujours là)

Contrairement à ce que l'on m'avait annoncé, je n'ai pas du tout saigné pendant environ une semaine.
J'ai ensuite eu quelques jours de "fausses règles" quand le méchage hémostatique (la compresse dont on te bourre le col pour empêcher les saignements) (ouais mais c'est tellement plus glamour les mots savants !) est tombé et que les tissus encore bien à vif m'ont fait savoir qu'ils n'avaient pas trop apprécié l'aventure. Et puis à peu près un mois de bonnes grosses pertes dé-gueu-lasses passant par 50 nuances de rouille/marron (Un futur best-seller, tu crois ?), entrecoupées de règles - les vraies, celles-là - qui ont épuisé mon stock de Always, vu que les tampons sont interdits pendant 4 à 6 semaines post-op.
(Ainsi que tout ce que tu pourrais avoir envie de te coller dans le vagin, d'ailleurs) (L'intérêt d'être célibataire c'est que tu n'as pas EN PLUS à supporter un mec qui râle parce qu'il doit se la mettre derrière l'oreille pendant un mois)

Les précautions particulières ?
Ne pas programmer l'intervention pendant ou juste avant ses règles, ne pas prendre d'aspirine (ça fait saigner) les quelques jours qui précèdent et qui suivent, et ne pas faire de sports "violents" style course à pied tant que le méchage hémostatique est en place (OK il va finir par tomber, mais ce n'est pas la peine de le précipiter). Bien évidemment, tu ranges tes plus jolies culottes dans un tiroir pendant quelques temps, et tu ne prends pas de bains (piscine comprise) pendant 3-4 semaines, donc gaffe aux dates de vacances.

Et sinon Patate, comment tu vas ?
(Ben pas mal, et toi ? Pas trop la nausée après tout ça ?)

Je suis une grosse loche, je n'ai pas encore repris la course à pied.
J'espère ne pas développer de sténose secondaire (le col de l'utérus qui se venge d'avoir été raboté en se rétrécissant comme un malade) mais pour l'instant, Gentille Gynéco dit que "la cicatrisation suit un cours normal". J'espère ne pas non plus me retrouver avec une vie sexuelle toute pourrie jusqu'à la fin de ma vie comme le rapportent les forums style Doctissimo...

Mais je t'avouerai que pour l'instant c'est le cadet de mes préoccupations.
Je suis encore un peu sous le choc des résultats que Gentille Gynéco m'a communiqués lors de notre dernière consultation: "Les frottis n'étaient pas très inquiétants mais on a bien fait d'aller à la conisation, Madame Patate, vos lésions c'était un cancer, finalement".
Un gentil hein, comme ils savent l'être à cet endroit-là, un "pas encore invasif, avec des marges saines" qui veulent dire qu'on a tout enlevé et qu'il ne reviendra pas... M'enfin quand même... Je vais garder les doigts croisés pendant mes deux prochaines années de "surveillance rapprochée".

Et dans l'intervalle, toi qui me lis et qui es pourvue d'un utérus, même si tu es la championne toutes catégories de la procrastination, je t'engage à ne JAMAIS oublier un rendez-vous de frottis !!


jeudi 14 avril 2016

Bonne résolution 2016

meditate-before-medicate.jpgLe 14 avril, oui, je sais.

Si j'ai procrastiné la blog-note, je te rassure lecteur de mon coeur, cette bonne résolution est bien en application depuis le mois de janvier.
Je vais même m'autoriser un peu d'auto-congratulation, tu permets, parce que malgré les difficultés et les imperfections, je m'y tiens, à ma résolution.

Meditate before you medicate.
La méditation avant la médication.

(Ou comment tenter de ne pas retomber dans les anxiolytiques et/ou les anti-dépresseurs, quand on se sent glisser et que jeter sa télé ou faire du sport, cela ne suffit pas)

Vu mon cheminement intérieur de ces dernières années, me mettre sérieusement à méditer aurait sans doute fini par s'imposer comme une évidence (Tu noteras que c'est d'ailleurs la suite logique de la bonne résolution 2015).
Surtout que la méditation, c'est comme le yoga - que je pratique d'ailleurs déjà - et le régime sans gluten : ZE truc à la mode. Cela ne m'étonnerait d'ailleurs pas que l'une ou l'autre célébrité branchée s'y adonne (Gwyneth Paltrow ? Emma Watson ? Jennifer Aniston ? Ou peut-être même Madonna ?) (Oh non, je sais, Angelinaaaaaa).
Mais comme les modes, moi, ça me saoule, j'aurais aussi bien pu passer à côté pendant encore quelques années.

Heureusement, vers la mi-2015, l'Univers a mis sur mon chemin un passionnant bouquin : "Full Catastrophe Living" de Jon Kabat-Zinn (Je l'ai lu dans sa version originale, mais en VF c'est "Au coeur de la tourmente, la pleine conscience").

L'auteur est ni plus ni moins que l'inventeur de la fameuse "pleine conscience" dont on nous rebat régulièrement les oreilles (C'est à la mode, je vous dis...), qu'il a développée au début des années 80 pendant que d'autres allaient dans des soirées où l'ambiance était chaude et les mecs rentraient Stan Smith aux pieds, le regard froid dans la "Stress Reduction Clinic" qu'il avait fondée au passage et au MIT (Zeugma, 10 points !).
Le livre explique les tenants et aboutissants, ainsi que les bases, de son programme MBSR : Mindfulness-Based Stress Reduction et c'est franchement passionnant. Je me suis en outre vite rendu compte (Sans E à "rendu", merci d'arrêter de me faire saigner les z'yeux) que lors de cette période noire de ma vie où j'avais plongé dans le burn-out, certains aspects de la méthode avaient été utilisés dans ma thérapie.
J'ai regretté a posteriori, qu'à l'époque on n'ait pas identifié comme telle la pratique du "mindfulness" (Si tu veux dire "pleine conscience" mais en te la pétant un peu, tu le dis en Anglishe) et que jamais personne n'ait mentionné cet ouvrage. Mais peut-être aussi qu'à ce moment-là de ma vie, il ne m'aurait pas autant bouleversée. Je finis par croire que les choses n'arrivent que quand on est prêt à les accepter...

Je ne peux que vous conseiller ce livre, qui n'est pas un énième bouquin de développement personnel, mais un compte-rendu à la fois scientifique - car oui, le programme MBSR en 8 semaines, a produit des résultats validés et publiés - et profondément humain de ce que la pratique de la pleine conscience peut apporter à ceux qui souffrent dans leur chair ou dans leur tête.
Et soyons honnêtes : on souffre tous un peu, dans nos têtes.
(Rassurez-moi, c'est pas juste la mienne qui ne va pas ?)

J'ai donc lu ce livre en 2015, et tandis qu'il résonnait en moi, l'Univers n'a pas cessé de balancer de la méditation sur mon chemin pendant le reste de l'année, comme autant de peaux de banane; un article de magazine par ci, une appli pour smartphone par là (Petit Bambou) (Je t'en reparlerai si tu veux, elle est très bien), jusqu'à cette incroyable coïncidence : tomber (Après toutes ces chausse-trappes, tu m'étonnes...) sur un cycle de 6 semaines de pratique de la "méditation pleine conscience" qui commençait en janvier.

"Ce sont des exercices basés sur la méthode MBSR, c'est américain, je ne sais pas si vous connaissez ?" qu'elle a dit, la dame au téléphone. "On les a un peu adaptés parce que normalement c'est 8 semaines, mais nous on pratique en 6".
Cerise sur le gâteau : le jour et l'horaire de réunion qui semblaient choisis exprès pour se couler dans un interstice de mon emploi du temps surchargé.
Bon, ce n'était franchement pas donné, mais j'avais compris le message (Là, l'Univers s'est dit "Ouf, je commençais à en avoir marre de faire le singe avec mes bananes !") : j'ai signé. Et je ne l'ai pas regretté.

J'ai pratiqué la pleine conscience et j'ai médité.
En groupe, et toute seule à la maison, un peu comme des devoirs, comme dans le bouquin. Et puis j'ai un peu lâché. Et puis j'ai repris, sans me juger, parce que c'est aussi et surtout cela le principe : s'observer, s'accepter, ne pas se juger, et cent fois sur le métier remettre son ouvrage.

C'est ma bonne résolution 2016 : intégrer la méditation dans mon quotidien.
Parce qu'il est scientifiquement prouvé que cela fait du bien. Et que je ne sais pas vous, mais moi j'en ai bien besoin.


dimanche 10 avril 2016

Le bôgosse du dimanche soir (3)

Ce bôgosse, je l'ai re-découvert à la faveur d'une série télé malheureusement mort-née après une seule pauvre saison de 13 épisodes (sortis en 2014 aux Etats-Unis) : Selfie.

Selfie.jpg
Cet arrêt prématuré est franchement dommage, si tu veux mon avis, parce qu'outre le fait qu'elle affichait le sus-nommé bôgosse au casting, la série était également légère, moderne, marrante avec quelques accès de loufoquerie, délicieusement moqueuse, et pleine d'un potentiel comique, satirique et romantique qui restera à jamais inexploré.
Et le potentiel - en particulier romantique - inexploré, c'est moche.

Que cela ne t'empêche pas de visionner cette seule et unique saison (Surtout si tu connais un peu l'univers des réseaux sociaux, certains trucs te feront bien marrer) car les scénaristes ont réussi à clore l'ensemble de façon plutôt chouette, un peu comme un film dont on peut s'imaginer une suite après le générique de fin.
(Ce qui était le cas de la plupart des films avant que l'industrie hollywoodienne s'avise de développer les "franchises", brouillant les limites entre le film cinéma et ...la série à épisodes de deux heures)

Et le bôgosse donc, c'est lui : John Cho, acteur américain d'origine coréenne.

John-Cho-Patate-miam.gif
J'ai passé tout l'épisode pilote à penser "ce mec me dit quelque chose" (En dehors du fait qu'il ressemble comme deux gouttes d'eau à un de mes exs d'il y a 20 ans) (Note à moi-même : arrêter avec les références temporelles, ça va me trahir quand je commencerai à prétendre que j'ai 26 ans) avant de le gougueuler et de me rendre compte que je l'avais en effet déjà vu dans ce chef d'oeuvre du cinéma potache : Harold & Kumar go to Whitecastle.
Et non, je ne plaisante pas : oui j'ai vu ce film (Et même ses suites, si tu veux tout savoir, celui où ils s'évadent de Guantanamo, et celui tout pourri d'esprit de Nowel à la sauce ricaine), non personne ne m'a forcée, et oui je me suis bien marrée.
J'assume (Un jour je te parlerai de American Pie dont j'ai le DVD et 2 ou 3 CDs de la bande originale).

Déjà à l'époque, je l'avais trouvé plutôt canon et j'avais craqué sur sa voix suave.
Comme en plus, pour une fois, ce bôgosse-là a le bon goût d'être tout à fait "age appropriate" pour ton tubercule préféré - oui, parce qu'il a l'air d'avoir 30 ans (Comme mouaaaaa), mais en réalité il est né en 1972 ... Je t'en prie, laisse-moi fantasmer !

Et attendre patiemment de le revoir dans une prochaine série télé qui ne soit pas injustement tuée dans l'oeuf.


lundi 04 avril 2016

Patat'a vu Inside Out

(ou Vice Versa en VF)

Finalement pas au cinéma, vu que 1- c'est hors de prix et hors de mes priorités, et 2- le bruit, la foule, la procrastination, toussa toussa, mais j'ai ENFIN vu ce film d'animation des studios Pixar (On ne dit plus dessin animé, Pataaaate, ça fait ringard) dont tout le monde me vantait les mérites depuis quasiment un an; y compris toi, cher(e) patatophile qui t'es un jour fendu(e) d'un commentaire à ce sujet.

Et bien tu sais quoi ?
Tu avais RAISON : j'ai adoré ce dessin animé film d'animation.

Inside_Out.jpg
D'abord c'est Pixar, donc c'est mignon de partout, depuis les jolies couleurs acidulées jusqu'aux personnages trop choupi, en passant par la Lorraine avec mes saboooots (Pardon) l'intérieur du cerveau façon boîte à bonbons Haribo c'est bô la vie, pour les gr-... (Pardooooon !) et le dessin moderne et tout propret.
Aucune ironie ici : en tant que Patate-princesse qui chie des paillettes et chevauche une licorne dans sa tête, j'a-do-re.

Et puis c'est Pixar, donc c'est comme la boîte de bonbons sus-mentionnée : il y en a pour les grands et les petits.

Pour les petits évidemment, c'est un récit très littéral et néanmoins chamarré, qui m'a rappelé mon émerveillement de gamine devant "Il était une fois la vie" : tu sais vaguement que ça te parle de l'intérieur de ton corps (En l'occurrence, ton cerveau) mais pour toi c'est une aventure au premier degré où chaque personnage a une vie et un destin propres.
La bande d'émotions qui se disputent le tableau de commandes, la pov' petite Tristesse qui ne fait rien que des bêtises des bêtises quand t'as pas l-... (Non mais promis, j'arrête), les boules de couleur qu'il faut ranger à la fin de la journée - comme tes jouets, sauf que là tu appuies sur un bouton et elles se rangent toutes seules - dans des étagères multicolores, les courses-poursuites de nos héros au milieu d'immenses tours et d'un continent qui s'effondre sous les pas : l'a-ven-tu-re, quoi !
A la limite, si tu ne piges pas bien le rapport de tout cela avec la physiologie du cerveau ou bien la construction de la personnalité, ce n'est pas bien grave, tu t'amuses comme un petit fou parce que c'est mignon, loufoque et enlevé.

Mention spéciale à l'illustration ô combien géniale, du cerveau du chat lors du générique de fin : c'est TROP ça !!

Mais pour les grands...
Quelle richesse, quelle inventivité !
D'abord au niveau du scénario, qui conduit deux histoires en parallèle, l'une tout à fait réelle - la vie de la petite Riley - et l'autre 100% allégorique - la vie dans la cervelle de la petite Riley - , chaque événement dans l'une faisant écho à un événement dans l'autre, de façon tout à fait cohérente malgré la complexité de certains des concepts manipulés, pour parvenir à une narration commune tout à fait harmonieuse. Sans doute que Pixar n'a pas inventé l'eau chaude, mais ils réussissent à merveille à trouver la température idéale !

Et puis comme toujours, le second degré de lecture, quoi !
Les références à la physiologie du cerveau, aux phénomènes de la mémoire et des émotions, aux théories sur le développement de l'enfant ou sur l'éducation, sur le développement personnel, voire à des théories psychanalytiques... Que de clins d'oeils, que de recherche, que d'occasions de sourire, de s'émerveiller, ou de réfléchir.

J'ai vu ce film avec un pré-ado, qui a non seulement vibré pour Riley, l'injustice d'un déménagement qu'on n'a pas décidé, la difficulté de s'adapter à son nouvel environnement et de communiquer avec des parents qu'on découvre faillibles autant qu'imparfaits, mais qui a aussi très bien compris que l'on parlait d'adieu à l'enfance, et que les boules qui passaient du jaune au bleu illustraient cette terrible réalité de la vie : rien n'est jamais tout à fait heureux, il y a toujours du spleen dans l'idéal (Bon, il ne m'a pas cité Baudelaire, l'est encore un peu jeune, mais l'idée y était) (Ouais j'avoue, j'étais scotchée), et l'âge où l'on s'en rend compte n'est pas forcément facile à gérer "mais tu comprends Tata, la vie c'est comme ça, et puis ça n'empêche pas qu'on est content quand même, des fois".

Personnellement, j'ai retrouvé dans Inside Out une notion avec laquelle je me (dé)bats depuis des années : savoir reconnaître et accepter toutes ses émotions.
La tristesse en particulier, avec laquelle j'ai le plus de mal parce que justement... elle fait MAL; alors la douillette émotionnelle que je suis n'a qu'une hâte : la nier, l'ignorer, l'enfermer à triple tour dans un coffre enterré très profond avant de jeter la clé dans une faille sous-marine de son inconscient, sans vouloir reconnaître qu'elle continuera à faire du mal quand même, insidieusement (La tristesse pour moi, s'apparente un peu à un déchet nucléaire mal enfoui, tu l'auras remarqué) ni qu'elle refera surface au premier tremblement de terre.
oO0 (Amis de la métaphorie, bienvenue ici)

En cela, cette émotion personnifiée, cette petite nénette bleue qui semble indésirable et juste bonne à mettre le bazar partout, mais qui finalement trouve sa place et sauve même tous ses copains, c'est un beau message de développement personnel.
C'est en tout cas, celui qui m'est resté, et qui m'a donné envie d'écrire une blog-note.

Blog-note déjà très longue, donc je ne te ferai pas l'exégèse du film à travers le prisme du genre, mais un seul mot : girl-power et égalité ! (Oui je sais, ça fait deux)
J'ai trouvé ça merveilleux que mon petit neveu, déjà formaté à trouver que "les filles c'est trop bête et c'est nul" se prenne dans la face une héroïne trop badass (Sans être hyper-sexualisée façon Lara Croft) qui joue au hockey (Trop cooool, Tataaaaaa !) et que les émotions les plus positivement représentées soient également des filles. ET que tout ce petit monde n'ait pas besoin d'un héros masculin pour s'en sortir.

Des fois que tu n'aurais pas encore vu Inside Out, j'espère t'en avoir donné envie.


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