(En fait, je ne blogue que pour le plaisir de trouver des titres nazes)

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Comme déjà mentionné il y a des mois de cela, il était hors de question que je loupe ze riteurne of Tron sur grand écran.

N'étant pas une blogueuz'influente, point d'avant-première pour la Patate, mais ça tombe bien parce que je me serais sentie un peu mal à l'aise de casser du sucre sur un film même pas encore sorti (Je l'aurais fait quand même, note bien * Patate Pourrite powaaaaa * mais non sans culpabilité).

Déjà j'aimerais te prévenir, ami lecteur, que si tu n'es pas un minimum au courant de ce que raconte Tron version années 80, tu vas sacrément galérer pour suivre la mouture 2011.
Oh ils résument, ils font des flash-backs pas toujours très subtils mais mieux vaut s'appuyer sur une bonne base de fan pour accrocher, parce que sinon les poursuites en motos virtuelles lightcycles, les combats de disques et les méandres de la Grille risquent de te faire bailler.

Je te fais le pitch :
(Je suis sympa je t'avertis : y aura des * spoilers *)

Le gentil de maintenant, c'est le fils du gentil d'autrefois.
Le genre fils à papa qui vit des dividendes de la société familiale, sauf que ledit papa a disparu sans laisser de traces quand il était enfant, et qu'il est plutôt resté coincé dans un trip post-ado "fuck ze system, moi je roule en vieille moto et je fais des blagues à mon méchant CEO".
Evidemment, notre gentil est jeune, beau, sent bon le sable chaud et maîtrise tout autant la conduite sportive de sa Ducati - sponsoring larvé au passage - que le saut en parachute ou les gadgets high-tech dignes des hackers les plus pros. C'est le héros, quoi.

Soudain, Bruce Boxleitner apparaît, et Dame Patate se met à bander bader...
Ben quoi ? Il vieillit drôlement bien, ce brave Bruce :-D Accessoirement, il bosse toujours dans la firme créée par son vieux pote disparu et il a reçu un message de l'au-delà sur son Tatoo (Mais siiii, souviens-toi du Tatoo !!), ce qui pousse notre jeune héros d'abord à se moquer, puis à se rendre dans la vieille salle de jeux d'Arcade autrefois tenue par son père.
Il souffle un peu la poussière, il remet l'électricité (Oué oué, en 20 ans personne n'a songé à couper le compteur EDF, y en a qui ont du fric à gaspiller) et pouf, il tombe sur un passage secret caché derrière le jeu Tron. Comme par hasard...

C'est le vrai bureau super-secret de son papa, et là, par un truchement digne de Chérie j'ai rétréci les gosses (Que j'ai vu aussi, car mes références culturelles sont ébourrrrriffantes), le bôgosse - justement - se retrouve propulsé sur Ze Grid : le monde virtuel dans lequel il retrouve tadaaaaaaa... son papa. Qui n'était donc pas coupable d'abandon de famille mais s'était juste retrouvé coincé dans la machine à cause de la rébellion de son alter-ego virtuel : Clu ("clou" donc, puisque VO).
* Séquence émotion *

A partir de là... on s'emmerde un peu.
Tu rajoutes d'abord un super-méchant à casque intégral dont on comprendra vite que c'est Tron, le seul l'unique, qui est passé du côté obscur de la force et dont on ne verra malheureusement pas le visage (Bruce Boxleitner rajeuni par la technologie pourtant, ça m'aurait vachement plus plu que Jeff Bridges, mais je suppose qu'ils n'avaient pas le budget ?).
Puis une nouvelle gentille qui n'est autre que la Thirteen du Docteur House, coiffée comme Petite Patate quand sa mère lui coupait une frange home-made, et vêtue de latex moulant. Bon, rien à dire, elle est sublime et elle a une voix à faire fondre les glaçons dans ton gobelet de Coca.
Tout ce petit monde se fighte et se refighte, il y a une scène loufoque dans une boîte de nuit histoire que Daft Punk puisse faire une apparition bicoz ils ont fait un caca nerveux pour y être signé la BO, au passage une resucée de mythologie foireuse (Perturbante en plus : pour moi les ISO c'est du domaine de la vieille photo argentique), il y a un gentil qui se sacrifie pour que les autres puissent s'enfuir et voilààààà : les deux jeunes héros sont dehors et filent à moto au soleil couchant.
A peu près, quoi.

Mon humble avis de Patate, maintenant :

D'abord les images sont ma-gni-fi-ques.
On retrouve l'univers de Tron mais lifté, modernisé, débarrassé de la kitscherie des années 80 : c'est tout bonnement superbe, sombre et lumineux à la fois. Je ne reviendrai pas sur la prouesse technique qui permet à Clu d'avoir exactement le visage de Jeff Bridges il y a 30 ans, même Claire Chazal en a causé. C'est réellement bien fait, ça part tous azimuths, et on ouvre tout grand ses zyeux pour suivre.
Ca colle bien avec la musique, jusque là tout va bien.

Ensuite, ça se gâte car le scénario est confondant de banalité et les personnages manquent pas mal de profondeur.
Ceci dit, sans avoir revu récemment le Tron initial, j'imagine qu'en 1982 ça ne valait guère mieux et que ce sont juste mes souvenirs de gamine qui ont paré cette histoire d'une ampleur et d'un souffle qu'elle n'a sans doute pas (ça, plus le fait qu'à l'époque, les univers virtuels c'était quand même tout nouveau et fascinant). Je ne suis donc pas spécialement déçue par cette suite un peu plate; contrairement à ma consoeur-greluche-en-colère, j'ai même plutôt plaisir à renouer le fil de l'histoire, à retrouver cet univers familier et à "boucler la boucle".

La seule chose qui ne passe finalement pas, c'est l'abominable arnaque de la 3D.
J'aimerais que l'on m'explique à la fin, pourquoi putain depuis Avatar (Le seul film à mes yeux qui l'ait un tant soit peu justifiée), Hollywood se croit obligé de nous coller de la 3D à toutes les sauces, même celles que cela rend lourdes et indigestes. Merde quoi !!
Surtout là, ils avaient déjà shooté une bonne moitié du film en 2D (Oui oui, en plus tu te tapes des lunettes sur le nez à des endroits où ça ne sert strictement à rien, à part ternir les couleurs et gondoler l'image pour cause de plastique de mauvaise qualité), pourquoi diable n'ont-ils pas continué ?
- Chef, faut mettre de la 3D, on va avoir l'air con, tout le monde le fait !
- Tu crois qu'ils vont se rendre compte que ça sert à que dalle ?
- Noooon, sont cons, ils vont adorer, ça ira super bien avec le jeu de lumières
- En plus on aura peut-être un Oscar-de-la-technique, du coup.
- Et puis t'imagines le profit, à 1 ou 2 € la taxe-lunettes ?!!!
- Ok, banco Coco !

En l'occurrence, la 3D dans Tron ça ne sert tellement à RIEN que j'ai passé la moitié du film à enlever périodiquement mes affreuses lunettes pour vérifier que "ah oui, c'est flou, ok c'est donc de la 3D, je les remets", mais à part ça : zéro effet, pas plus l'impression d'être DANS le film.
Au contraire : ça t'incrustait les sous-titres tellement en avant que c'en devenait gênant pour lire ET apprécier les effets visuels qui partaient dans tous les sens. Inutile et CHIANT. Sans parler des verres en plastoc un peu rayés, du ternissement des contrastes et du léger mal de tête qui te bat aux tempes à la sortie...

Tron Legacy ou comment prouver par A+B que le spectateur n'est décidément qu'une vache à lait prête à s'enquiller sans moufter une place de ciné hors de prix et une surtaxe sur le douteux privilège de s'abîmer les yeux et le nez avec de moches lunettes anti-flou.

Conclusion :
Tu y vas si tu veux, mais tu y vas surtout si tu es fan de l'original (Ou que ton mec/ta copine est fan et t'y traîne contraint(e) et forcé(e)).
Et surtout surtout surtout, tu n'y vas PAS en 3D !! (Achète-toi des pop-corns avec l'argent économisé) (Ou mieux, tape dans la ouiche-liste de ta Patate préférée ;-) )