la_piel_que_habito.jpgComme souvent avec un film de ce cher Pedro, après pas mal d'atermoiements et de "noooon mais celui-là je le sens pas" (parfois justifiés, ne nous leurrons pas, je suis loin d'être une aficionada).

Seulement, comme dit ma Mamie dès que le fond de l'air est un peu froid : "L'Ibère est là" (même qu'en général, elle rajoute "couvre-toi") (Je sais, je sais, j'ai honte, ne t'en fais pas !).
Et un Pedro Almodovar, c'est un peu comme un Woody Allen: tu l'aimes ou pas, mais tu le vois.
Donc, Patat'a vu La piel que habito.
(En VO, parce que l'Espagnol, c'est bôÔô surtout dans la bouche d'Antonio)
Et aussi étrange, dérangeant, un rien malsain et glauque qu'il soit, ce film lui a fait passer un bon moment. Si si si, je te jure, moi non plus je ne m'y attendais pas !

C'est sombre et torturé, mais avec de surprenants moments d'humour décalé. C'est parfois un peu longuet, mais toujours suffisamment prenant pour qu'on ait envie de savoir quel prochain détour prendra l'histoire.
C'est malsain, un peu, beaucoup, passionnément. Ca provoque pas mal de discussions après, autour d'un café : de débats sur le bien, le mal, comment la limite peut se brouiller entre les bons et les mauvais, où commence et finit la folie...
C'est surtout très beau, très épuré, très élégant, très agréable à regarder (Oui oui, j'ai eu une promo à 3+1 gratuit sur les "très"), la satisfaction esthétique étant totale : décors, déco, plans, acteurs (Ouille ouille ouille qu'Antonio Banderas vieillit donc bien !), lumière, musique, couleurs, tout s'enchaîne et se fond dans une superbe harmonie... Qui aide à faire passer les quelques petits moments où l'on s'ennuie.

Parce que l'intrigue se déroule lentement, inexorablement, jusqu'à sa fin que l'on devine tragique, sans forcément savoir comment le drame va se nouer. Sans deviner l'ironie que l'on savoure en arrière-plan.

Bien sûr, j'aurais aimé ne pas me dire toutes les 5 minutes dans un coin du cerveau, que ce brave Pedro a vendu son âme au sponsoring, comme tout le monde à Hollywood (Et la bagnole, et la télé, et le maquillage, et re-la bagnole, et oh, tiens, son démaquillant bi-phasé c'est le même que le mien).
J'aurais aimé que le réalisateur se documente un peu mieux avant de balancer des scènes pseudo-scientifiques dans son labo high tech ou sa salle d'op d'opérette (Le mec il n'a JAMAIS regardé Grey's Anatomy, c'est clair !) qui font doucement rigoler tant elles sentent le chiqué.
J'aurais aimé pouvoir aimer les personnages, mais si on s'intéresse à leur parcours, si l'on comprend leur évolution, si l'on pardonne leurs démons, rien n'est fait pour qu'on s'y attache en particulier.

On aime juste les observer.

Suffisamment pour dire aux autres après, de l'air de l'intello blasée : "Non mais va le voir, quand même, c'est pas mal !"
:-D