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(Source : ici)

D'un Nouvel An à l'autre, j'ai l'impression de me répéter : quel soulagement de voir se terminer cette année 2017 qui, malgré quelques bons moments, fut tout sauf super chouette. Dommage, l'an passé on y croyait...

Perso je n'ai pas été invitée au moindre mariage mais j'ai bien assisté à des enterrements, ça oui. Et pas l'ombre d'un Hugh Grant j'ai beau savoir que c'était dans l'ordre des choses et qu'on meurt tous un jour et * insère ici la platitude de ton choix * ... j'ai encore du mal à me dire qu'en 2018, pour la première fois depuis que je vis seule comme une grande fille, le mois de janvier ne sera pas accompagné d'une carte de bonne année de ma mamie.
Une joliment surannée, avec un paysage de neige, de beaux sapins rois des forêts et de petits chalets aux toits blancs et soulignés de paillettes argentées; même que je râlais toujours qu'elles étaient mal collées et que ça m'en fichait partout quand j'ouvrais l'enveloppe mais en vrai je trouvais ça cromeugnon, ces cartes de vœux à l'ancienne et ces quelques mots couchés sur le papier, toujours les mêmes chaque année, d'une écriture maladroite parce que l'école n'avait pas duré longtemps (Pour les filles, c'était moins important...) et qu'on y "contrariait" les gauchers en leur attachant la main du diable dans le dos.

Il n'y a désormais plus personne de vivant de la génération de mes grands-parents. Cela fait déjà quelques mois, et je ne m'y fais pas. F*ck l'ordre des choses, tu vois ?
D'innombrables traditions et souvenirs familiaux sont perdus à tout jamais, faute d'avoir été transmis (J'ai bien hérité des aiguilles à tricoter, mais qui donc vais-je appeler au secours quand j'aurai échappé une maille ?) (Alors que Mamie, elle savait les rattraper les yeux fermés); je ne sais même pas si j'ai le droit de le déplorer, car j'en suis en grande partie responsable, moi qui n'avais jamais le temps que de passer en coup de vent. Il y a des gens auxquels je suis apparentée que je ne reverrai jamais, je le sais, car notre seul lien - ténu - c'était l'existence de cette grand-mère/tante/cousine en commun.

C'est ainsi, c'est la vie.
Et ce mois-ci, je ne téléphonerai pas à une mamie qui commençait à s'inquiéter quand même paske le courrier était parti il y a 3 jours, pour lui dire que j'avais bien reçu sa carte, laquelle commençait toujours par "ma petite-fille chérie" et contenait invariablement un chèque que je n'encaissais plus depuis bien longtemps (Depuis que j'avais appris que sa "modeste retraite", comme elle disait pudiquement, la mettait en dessous du seuil de pauvreté, en fait) (Mais à part ça, tout va bien dans notre start-up nation).
Plus jamais n'appellerai une mamie pour lui souhaiter la bonne année "et surtout la santé" en promettant que je viendrais la voir cet été; oui je sais Mamie, je ne reviens pas très souvent, mais je suis loin et puis c'est le travail tu comprends ? Elle comprenait, bien sûr, et je me disais que j'était une vilaine Patate et que je serais bien punie quand moi aussi je serais enfermée entre quatre murs sans autre visite que l'infirmière ou l'aide-ménagère.

Mais je ne veux pas non plus plomber le vôtre, de début d'année.
(C'est gai hein ? T'es content(e) que je sois revenue bloguer)

2018, année de la frite, à ce qu'il paraît !
Alors je vous la souhaite, la frite (Pour une Patate, tu me diras, c'est le minimum). Croustillante à souhait mais toute tendre à cœur, avec juste ce qu'il faut de sel pour qu'on ait envie de la croquer. Comme la vie, quoi.
Qu'elle vous soit douce et légère tout au long de l'année.