Et Patat'a franchement bien aimé !
(La preuve, elle bouge sa flemme pour venir t'en causer)
(Bon OK, avec quelques semaines de retard, mais c'est l'intention qui compte)

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The Rosie Project, c'était ZE "buzz bouquin" de l'internet anglophone, à l'automne 2013 : roman qui a non seulement l'originalité de se dérouler en Australie, histoire de nous changer un peu des Zuess (L'as-tu lu et Lireli, mon Aussie préférée ?), mais aussi d'être le premier publié par son auteur, Graeme Simsion (Un Australien donc, tu l'auras compris) (Né en Nouvelle-Zélande, ceci dit) ET de s'être exporté hors du pays des kangourous tellement il avait fait un carton là-bas l'an dernier.

A tel point que les droits cinématographiques du livre ont déjà été acquis, et que ton tubercule préféré attend maintenant avec une impatience mêlée d'appréhension, la comédie romantique qui ne manquera pas d'en être adaptée.
(Hollywood, si tu m'entends : je verrais bien Jim Parsons pour camper le héros)

Ce roman est une pure pépite.
Une adorable histoire de relations humaines - amicales et amoureuse - envisagée sous l'angle inhabituel de son héros, Don Tillman : 39 ans, professeur de génétique de son état, au parcours professionnel brillant, ceinture noire de plein de trucs, fin gourmet et... autiste léger.

C'est fortement suggéré dès le départ, mais notre héros n'en est tellement pas conscient qu'il est capable de donner une conférence sur les marqueurs génétiques du syndrome d'Asperger, sans même se rendre compte que les symptômes le décrivent à la perfection. En revanche, il est parfaitement conscient d'avoir du mal à s'intégrer socialement, une propension à faire rire par ce qui est perçu comme sa "bizarrerie", une incapacité chronique à comprendre les nuances du langage ou les émotions de ses contemporains, et encore plus celles des femmes.

C'est ainsi qu'il se retrouve à l'aube de la quarantaine, avec un total de deux amis et zéro petite amie.
(Est-il puceau ? Ce n'est pas précisé, mais Don explique à moment donné que le sexe il a déjà essayé, bien sûr, pas de problème... cela se complique juste quand il faut rajouter une 2ème personne à l'équation. Au lecteur d'en tirer ses conclusions) (Et de se bidonner quand notre héros est surpris à l'université en train de s'entraîner au kama sutra avec un squelette emprunté au labo d'anatomie)

Après quelques rendez-vous galants catastrophiques, Don a décidé d'abandonner sa recherche de l'âme soeur par les méthodes classiques, totalement inadaptées à sa personnalité, et de s'atteler au "projet épouse" avec la logique et la minutie qui le caractérisent : il élabore un questionnaire scientifique, affiné, field-testé, et le lance sur divers sites de rencontre.
Sa femme idéale : QI supérieur, sportive, non-fumeuse, qui dort ses huit heures, qui ne se maquille pas et qui est comme lui toujours à l'heure aux rendez-vous.

Suite à un quiproquo, il rencontre Rosie : étudiante le jour, barmaid la nuit, maquillée à outrance, qui fume, qui jure, et qui est tout le temps en retard. Impossible de rêver pire comme candidate au mariage ! Et le fait est qu'elle n'en est pas une : elle est à la recherche de son père biologique.
Don étant capable d'analyser l'ADN en dormant, ni une ni deux, il s'attaque au "projet père" (NdT : je traduis librement hein, j'ai pas lu la VF) au point d'en négliger son "projet épouse". Et se surprend à ne pas trouver cela si grave.

Car Rosie bouleverse totalement sa vie.
A cause d'elle, sans vraiment comprendre pourquoi mis à part qu'il s'amuse bien en sa compagnie, Don secoue sa routine bien établie, annule des sessions de jogging ou de récurage de baignoire, mange deux heures plus tard que prévu (Et sur le balcon, quelle idée !), recalcule en permanence les heures de sommeil perdues... Et se découvre pas si imperméable aux émotions qu'il l'aurait cru.

C'est Don qui nous narre, avec sa logique pathologique et son humour décalé à la Sheldon Cooper, ses tentatives de comprendre Rosie alors qu'elle lui semble venir d'une autre planète, et les changements progressifs qu'il constate chez lui, à cause de ou grâce à elle.
Au travers des expériences qu'il raconte, on s'attache très vite à ce personnage étrange mais adorable, qui se sait différent sans vraiment souffrir de son décalage avec le monde, et que l'on découvre finalement bien plus généreux et tolérant que pas mal de gens dits "normaux" (NdT : avec guillemets car après tout, où se situe la normalité ?).

Est-ce que j'arrive à vous faire comprendre à quel point ce roman est drôle, émouvant, délicat et touchant ?
A quel point c'est un délice de suivre Don dans sa narration ? A quel point la simple lecture de quelques chapitres suffit à vous mettre le sourire aux lèvres pour le reste de la journée, voire à vous faire oublier que les gens sont moches et le monde hosile ?

J'espère que oui, car vraiment, ce serait dommage de passer à côté de Don et Rosie.


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Potato-Scriptum : j'ai découvert en rédigeant cette blog-note, que l'ouvrage venait d'être traduit en Français. ===>

"Le théorème du homard", rapport au "plan de repas rationnalisé" (NdT : tiens, je serais curieuse de savoir comment ils ont traduit cela, d'ailleurs !) de notre héros, qui le conduit à cuisiner un homard tous les mardis... Et à ce besoin maladif qu'ont les professionnels du livre de toujours changer les titres des romans alors que "Le projet Rosie", ça sonnait tout aussi bien, franchement...

Ayant lu le bouquin en VO, je ne sais pas du tout ce que la traduction vaut (Je compte sur toi, lecteur de mon coeur, pour revenir me le dire), m'enfin au moins la barrière de la langue n'est désormais plus un obstacle.

A vos marques, prêts, lisez !