(Bah oui, parce que fallait un peu reposer le pauvre bikini blanc)

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Un après-midi à la croisée des sentiers...
A gauche, la plage. A droite, la plage; la même mais pas tout à fait, celle où les "culs nus" peuvent aller se baigner. Oh tiens, et si on y allait ? Juste une fois pour voir comment c'est, alleeez. La curiosité se mêle aux quelques verres de rosé du déjeûner et fait fondre les réticences; allez c'est bon, on y va !
On prend à droite sur le sentier, avec un petit frisson de transgression.

Jolie plage, un peu sauvage.
De loin on aperçoit quelques seins nus, franchement pas de quoi en faire tout un plat, c'est une plage quoi. Au fur et à mesure qu'on approche, les détails se précisent. Oh tiens, une bite toute molle étendue au soleil; oh tiens, une paire de couilles qui se dorent la pilule. Ton cerveau confirme ce que tes yeux lui répètent tandis que tu slalommes entre les serviettes : oui oui, c'est plein de gens tout nus Pataaaate mais qu'est-ce que tu fous là ?!! . C'est quand même moche, les gens tout nus.
Il y a des foufounes aussi mais comme tu vois la même tous les jours dans ta culotte et que ce n'est pas ta came, tu n'en fais pas plus de cas que cela. Et puis tu t'appliques à avancer en regardant bien droit devant toi, sans dévisager (Encore que tu ne leur fixerais pas franchement le visage) tous ces gens moches et tout nus qui offrent leur intimité à la morsure du soleil.

On finit par se sentir un peu con, à marcher comme ça tout habillée alors que tout le monde est à poil. On pose sa serviette dans un coin pas trop fréquenté, et on tombe la chemise, on va la tomber, tomber la chemiiiiiseuuuuh les vêtements. Le bikini aussi ? Il le faut vraiment ?
Oh allez quoi, à Rome fais comme les Romains ! Et puis personne ne te connaît ici (Une prière silencieuse monte vers le ciel : pitié pitié pitié, faites que je ne croise personne que je connais !) : Patate, à poil ! Patate, à poil !!
Toi qui n'as même jamais fait de topless de ta vie, voici que tu dégrafes le haut de ton bikini. Encouragée par un petit courant d'air fripon qui vient te caresser les tétons, voilà que tu enlèves le bas... Et qu'il ne se passe rien ! Pas d'éclair, pas de tonnerre, la terre ne tremble pas, et surtout : personne ne te regarde. Incroyable mais vrai, les gens s'en foutent de ce que tu fais, limite sur une plage "normale" tu es bien plus matée/jaugée/jugée.

Oh purée, je suis toute nue sur la plageuuuh ! * gloussement *
Nue, au soleil, complètement, nue, au soleil, com-plè-te-ment ! * Patate Bardot * J'ai le tubercule à l'air, heuuuuu... * ricanement *
Cela dure bien 5 minutes, ce petit monologue intérieur, un peu comme un enfant qui désobéit pour la première fois et qui s'émerveille du goût de l'interdit; émerveillement mêlé d'incrédulité parce que oui, moi, là, je l'ai fait, j'ai osé ! (Et il ne s'est strictement rien passé de mauvais, quels menteurs ces grands !)

Cela dure bien 5 minutes, et puis la réalité reprend ses droits : quelle que soit la surface de 'pluches exposées, il faut les enduire de crème solaire pour les protéger (Manquerait plus que tu prennes un coup de soleil mal placé !). Ce qui est, tu le découvres, beaucoup moins pénible quand il n'y a pas à se préoccuper des bretelles et autres recoins du maillot de bain.

Est-ce qu'on te regarde ?
Sans doute oui, un peu. Mais pas tant que cela. Pas plus que tu ne regardes les autres, en fait. Et ce regard tu le perçois plutôt neutre : ni scrutateur, ni appréciateur ou dépréciateur, juste neutre; tu es posée là alors forcément on te voit, mais cela ne va pas au-delà. Au pire on se dit comme toi au début, que c'est quand même moche les gens tout nus, mais tout le monde est logé à la même enseigne alors...
Toi qui es toujours si complexée, tu réalises qu'on ne se sent pas grosse ou boudinée, quand il n'y a aucun élastique pour comprimer les bourrelets ni aucun regard pour juger comment tu rentres dans tes vêtements

Libéré des contraintes du textile, fut-il aussi léger qu'un itsy bitsy teeny weeny bikini, ton corps respire, il se détend, et ton esprit le suit. * soupir d'aise * On est quand même bien, là, les doigts de pied en éventail, le vent dans les poils les voiles, et le bruit des vagues dans les oreilles. On pourrait presque oublier le reste de l'humanité, s'il ne fallait, sous peine de crâmer, descendre se baigner.

Mais ceci est une histoire pour un autre jour.
Ou pas, on verra.