(La bonne excuse pour changer un peu de la piscine ou du poney)

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Avant de participer à une thérapie de groupe, je pensais naïvement que ça ferait une terrible source d'anecdotes.
(Les ceusses qui blogouillent reconnaîtront là un petit travers commun à la plupart d'entre nous : cette déformation non-professionnelle, ce presque-réflexe du "ça, c'est blogable")

En fait, cela ne l'est pas.
D'abord parce que c'est pire que la télé-réalité : ils nous ont fait signer un engagement de confidentialité à l'entrée.
Qui, comme toute promesse, "n'engage que ceux qui y croient" tu me diras, mais il se trouve que la Patate est un légume (Noooon !) tubercule de parole, alors elle ne te racontera rien. Non non non non, je ne veux pas prendre l'air (Bah quoi? C'est de la télé-réalité aussi) même si Loanna couche avec Chépuki dans la piscine la salle de réunion.

Et puis surtout, parce que c'est extrêmement personnel.
Ca dérange, ça remue (La merde, surtout. Des tonnes de merde), ça épuise, ça énergise, ça fait pleurer souvent, ça fait rire parfois, mais surtout, ça se passe entre nous.
Car oui, toi qui avais objecté à la psy "Naoon ça c'est pas pour moi, je suis pas bonne avec les autres", tu as naturellement trouvé ta place au sein de ce groupe de gens pourtant si dissemblables.

Enoooorme cliché de série américaine : la fameuse réunion des alcooliques anonymes (Car quelle série n'a pas son alcoolo qui va a des "meetings" ? C'est comme le noir, le gay et la belle fille : un quota) où le héros se sent tout chose et réconforté quand ses semblables lui disent "Bonjour Nagui Machin" en choeur. Et bien c'est vrai : ça fait du bien.
Les proches peuvent t'aimer très fort et faire plein d'efforts, il y a tout simplement des choses qu'ils ne sont pas équipés pour appréhender complètement (Quand ils essaient, s'entend...), sans compter que pour de multiples raisons, souvent tu te censures.

Sans doute que dans le lot, il y a des cons que tu ne fréquenterais pas en dehors du groupe, mais dans ce contexte, ces gens sont bons pour toi; au sens qu'ils ont de la bonté, mais aussi qu'ils font du bien.

Si dissemblables, mais tellement de vécus et de souffrances en commun...
Je n'avais jamais réalisé à quel point j'avais besoin d'être entourée de gens qui comprenaient sans que j'aie à expliquer - parce qu'ils savent - et qui acceptaient sans juger, parce qu'il n'y a pas d'enjeu personnel dans ces réunions. Nul n'est là pour briller, pour avoir l'air meilleur en débinant le voisin ou pour gagner des points de popularité : on est tous là parce qu'on ne va pas bien.

J'ai bon espoir qu'ensemble, on finisse par aller mieux.