La coupe mulet est de retour : on assume ou on se cache ?
Tu te souviens de la photo de classe de ton cousin en 1994, raie au milieu et pattes qui flottent sur le col roulé ? Voilà, c’est revenu. Sauf que cette fois, c’est sur des filles de 25 ans qui ont vu un tuto TikTok à 2 h du matin et qui te jurent, main sur le cœur, que « c’est très Bardot ».
Avant de hurler, posons les bases.
Mulet : petit précis pour celles qui ont oublié
Le mulet — Wikipédia FR le rappelle bien, mais c’est pas nouveau, hein — désigne une coiffure où l’arrière et parfois le dessus restent longs, tandis que les côtés et le devant sont courts. En France, on ne l’appelait d’ailleurs pas « mulet » à l’origine : on disait coupe Cambronne, nuquette, coupe Coco, padde, ou plus joliment nuque à l’allemande. C’est pas un anglicisme de hipster : c’est une coiffure populaire qui a traversé les siècles, portée par les Gaulois, les paysans, les rockeurs, et un certain Billy Ray Cyrus.
Le mot « mulet » lui-même viendrait des Beastie Boys et de leur chanson Mullet Head (1994), qui popularise l’idée de « business in the front, party in the back ». Classe.
Pourquoi ça revient (et pourquoi c’est pas un hasard)
Trois raisons expliquent pourquoi tu ne peux plus ouvrir Pinterest sans voir une nuque longue.
D’abord, le retour des Y2K et du « ugly cool ». Depuis deux-trois ans, la mode pioche allègrement dans les années 1990-2000, y compris les coupes qu’on avait enterrées avec notre dignité. Le mulet coche la case « j’assume mon étrangeté » qui fait vendre sur Instagram.
Ensuite, le confort. Beaucoup de femmes qui font un mulet aujourd’hui le disent : c’est la première fois qu’elles n’ont pas à lisser leurs cheveux le matin. Les longueurs protègent la nuque du soleil, les côtés courts ne collent pas au visage en juillet. C’est une coiffure d’été qui dit « j’ai mieux à faire que de me battre avec mon brushing ».
Enfin, et c’est moins avouable, le facteur « fuck you ». Le mulet est moche pour la majorité des gens. Le porter, c’est refuser le consensus. C’est un acte politique à peine caché derrière une frange.
Comment ne pas finir comme ton cousin
Tout est dans la version. Un mulet 2024 n’est pas un mulet 1989. Si tu veux tenter sans finir bloquée sur le groupe WhatsApp de ta famille :
- Les côtés ne se rasent plus à blanc. On dégrade, on effile, on garde du flou.
- Le dessus se travaille : effet coiffé-décoiffé, gel léger, ou au contraire brushing ultra-lisse selon ton style.
- La nuque reste longue mais structurée, pas la crinière négligée de Metallica.
- Et surtout : on montre la photo à une copine honnête AVANT de sortir. (Disclaimer : je décline toute responsabilité.)
Et ta mère dans tout ça ?
Prépare le terrain. Annonce la couleur (« je vais chez le coiffeur, je veux un truc nouveau »), montre deux-trois photos, explique que c’est un choix esthétique assumé. Si après ça elle te dit « t’as l’air d’un garçon manqué des années 80 », c’est qu’elle n’a pas compris. Tant pis. Tu seras probablement la première à assumer une coupe qui fait enrager les autres depuis 2 000 ans.
Le mulet n’est jamais vraiment parti : il a juste changé de tête. Cette saison, c’est le nôtre de le porter, sans s’excuser.
