Vinted vs friperies physiques : qui gagne en 2026 ?
Tu veux un jean Levi’s 501 d’occasion à moins de 30 €, tu ouvres ton appli. Vinted, 14 secondes, 47 annonces, filtre par taille, commande, expédition sous 48 h, t-shirt sur ton paillasson. Tu veux la même chose dans une friperie : 35 minutes de métro, deux heures de fouille entre deux comptoirs, et la taille 38 est déjà partie pendant que tu hésitais entre deux pulls.
Sur le papier, Vinted a gagné.
Sauf que ce n’est pas aussi simple, et je vais te dire pourquoi en honnêteté.
Ce que dit le dossier Vinted, sans complaisance
Vinted (anciennement Mano Drabužiai, « mes vêtements » en lituanien) a été fondé en 2008 à Vilnius par Milda Mitkutė et Justas Janauskas. En 2025, la société communique un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros et un volume brut de transactions (GMV) de 10,8 milliards, avec un résultat net positif pour la première fois (62 M€). Présent dans plus de 26 marchés européens, 2 200 employés. Dirigé par Thomas Plantenga. Sources : page Wikipédia EN et communiqués officiels de la société.
Ce ne sont pas des chiffres inventés par une newsletter LinkedIn : c’est ce que la société communique à ses investisseurs et dans la presse économique.
Le business model : Vinted prend une commission vendeur (autour de 5 % + frais fixes) et offre un service de port prépayé via des partenaires logistiques. Côté acheteur, c’est gratuit. Le marché européen de la seconde main est désormais dominé par cette plateforme, avec une mission officielle affichée : « faire de la seconde main le premier choix mondial ».
Ce que les friperies font encore mieux
J’ai toujours une friperie préférée dans chaque ville où je vis, et je vais vous dire pourquoi je n’ai pas désinstallé Vinted.
- L’instantanéité. Tu vois, tu touches, tu essaies. Pas de « taille non conforme », pas de retour à imprimer, pas de discussion avec une vendeuse qui te dit « mais non il était marqué 38 ».
- La découverte. Une friperie bien faite, c’est un musée. Tu vas pour un t-shirt blanc, tu repars avec une veste 90’s que tu n’avais jamais vue sur aucun feed Instagram.
- Le prix plancher. Le kilo à 8 € ou 12 € n’existe pas sur Vinted. Pour les basiques d’été, c’est imbattable.
- L’écrasement social. Pas de notation, pas de commentaires, pas de « vendez plus ». Tu tends ton billet, on te dit bonjour.
Le calcul qui me fait utiliser les deux
Mon usage en 2026, après deux ans à comparer :
- Vinted pour : les pièces précises que je cherche (jean taille haute 38, marque précise, vintage identifié). La fonction recherche est imbattable. Et pour vendre mes propres vêtements, parce que la logistique reste acceptable.
- Friperie pour : les basiques, les coups de cœur, les pièces uniques, les jours où j’ai du temps et l’envie de flâner. Et pour acheter en gros quand je vide un dressing.
Le match n’est donc pas Vinted contre la friperie. C’est Vinted plus la friperie, et tu choisis selon ton besoin du jour.
Ce que Vinted ne résoudra pas
Quelques trucs que la plateforme ne fait pas, ou mal :
- Les vêtements abîmés, recousus, décolorés — la photo les flatte, mais la réalité déçoit souvent. C’est le jeu, mais il faut le savoir.
- Les grosses pièces : manteaux, vestes structurées. Le port est disproportionné par rapport au prix, et l’essayage manque.
- Les contrefaçons, qui ne sont pas rares sur certaines catégories (sacs, sneakers). Pas de vérification formelle par la plateforme.
- Le tri : il faut scroller pendant 45 minutes pour trouver un jean correct. C’est devenu un job à temps partiel.
Mon verdict, en une phrase
Vinted a gagné la guerre économique de la seconde main. Les friperies ont encore gagné la guerre du plaisir, du hasard et de la caissière qui te reconnaît. Garde les deux, et assume de marcher dans les deux mondes.
Vinted est un outil formidable. Une friperie est une expérience. Tu n’as pas à choisir, et c’est précisément pour ça que le « match » n’a aucun sens. Utilise l’un quand tu sais ce que tu cherches, l’autre quand tu veux être surprise.
