C'est ce que j'aurais entendu si j'avais dû "faire l'armée", alias le service militaire, obligatoire dans notre beau pays jusqu'à la fin des année quatre-vingt-dix (8 novembre 1997, me dit Wikipedzouille).

Je te parle évidemment d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître : celui de la constipation conscription, où tous tes potes ayant passé 18 ans étaient tour à tour convoqués pour leurs "trois jours".

Il est évident que même en ce temps que d'aucuns regrettent (Bah oui quoi, "au moins l'armée à ces p'tits cons, ça leur mettait du plomb dans la tête", hein Tonton ?), je n'aurais cependant jamais été appelée sous les drapeaux, vu que "faire son service" était réservé aux mâles, aux vrais aux tatoués.
Tant mieux!
J'aime pas recevoir des ordres, j'aime pas me lever tôt pis surtout c’qui m’déplaît c’est que j’aime pas la guerre; et qui c’est qui la fait ? Ben c’est les militaires et en plus ça ruine la manucure, de manipuler des fusils d'assaut (Ouais non, j'en sais rien, mais en tout cas je peux te certifier que la marche forcée dans la boue ça flingue les escarpins).

Mais admettons que j'eusse été convoquée à mes 3 jours d'incorporation...
Et bien ils m'auriont réformée, dis donc ! (Meuh non, pas "P4" !!) Parce que figure-toi que j'ai les pieds plats !!
(Héééé oui, tout ça pour ça !)

Oh ce n'est pas une surprise, ils me l'avaient bien dit, quand j'avais 20 ans, à la médecine préventive, alias le couloir miteux d'un sombre préfabriqué de l'université où l'on te convoquait (en théorie une fois l'an quand tu renouvelais ta carte d'étudiant, en pratique heu... une fois) pour te prélever des litres de pipi contre un préservatif et un dépliant sur les MST.

Seulement comme l'a dit une célèbre philosophe contemporaine, "à 20 ans, on est invincible", alors j'avais doucement rigolé et puis j'avais oublié cette infirmité. Après tout, c'est pas comme si je devais faire l'armée.

Fast forward 15 ans plus tard.
Des milliers de kilomètres parcourus dans des chaussures le plus souvent inadaptées (y compris des escarpins dans la boue), d'innombrables soirées à danser, un peu d'Effi, beaucoup d'effet (je songeais à vous la jouer "pays de Candy" mais on me souffle dans l'oreillette que je vous l'ai déjà trop fait) de sport, beaucoup d'ampoules et on obtient...
- des orteils qui commencent doucement à se déformer en griffe ou en marteau
(Bah non, ça ne se voit pas, je les déplie et les aligne pour les photographier)
- une menace d'hallux valgus
- une armée de cors mal placés
- et des douleurs diverses et variées.

Donc voilà, adieux veaux, vaches, cochons, couvées et jolies chaussures tant aimées, je suis désormais l'heureuse détentrice de semelles orthopédiques.
Qui ne rentrent évidemment dans RIEN.
Rien en tout cas qui ressemble de près ou de loin à un escarpin.

Mais c'est ça ou l'amputation, qu'il a dit le chirurgien.
Ou peut-être qu'il a juste parlé d'intervention ? Je n'en sais rien, il m'a vexée en me disant que c'était ma faute si j'avais mal à en pleurer et que je devrais porter des semelles depuis au moins 10 ans et gna gna gna alors j'ai fermé les écoutilles et j'ai prié très fort Sainte Akiléine, la patronne des voûtes plantaires desséchées, tout en lui souhaitant un furoncle très très mal placé (Je ne sais pas si tu cliques sur les liens que je me décarcasse à placer, des fois, mais celui-là, à l'heure du repas je ne te le conseille pas #JDCJDR).

Du coup, pour me consoler, je me suis offert une paire d'écrase-merde comme on dit chez moi (Oui, je viens d'une famille de pouet pouet poètes, ne me dis pas que tu n'avais pas remarqué).
Des écrase-merde fourrés, pour ne pas avoir froid à mes petits arpions déformés (Mais non pas celles-là, j'ai pas les moyens et j'ai juré jamais jamais jamais) (Mes des qui ressemblent beaucoup quand même) (Si vous êtes sages, je vous les montrerai).

Non, je ne suis pas une greluche / panier percé sans personnalité !
C'est que j'ai les pieds plats (Allez-y quoi, plaignez-moi !) et plein de mauvaise foi des semelles orthopédiques à caser.