The-Artist.jpgVu que ce sont les Césars ce soir, et dimanche les Oscars (avec pas moins de 10 nominations, cocoricoooooo), il serait un petit peu temps que je me décide à vous en parler.

Même si je me doute que vous ne m'avez pas attendue pour savoir de quoi il s'agissait (En même temps, c'était un peu difficile d'y échapper).

Même si, à supposer que Jean Dujardin se ramasse un Oscar sur le coin du museau reparte avec une statuette à la main, ça me fera le même effet que lorsque c'est arrivé à Marion Cotillard pour La Môme : "Non mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien lui trouver ?!"

Oui parce que bon, The Artist, comme film, c'est anachronique et choupinet, mais ça ne casse pas non plus trois pattes à un canard avec des briques. Ou alors c'est moi qui ai loupé un truc.

Il faut dire qu'à force de tout le buzz qu'on en faisait, j'y suis allée avec toute ma mauvaise foi. Et des amis aussi, que ma mauvaise foi a beaucoup fait marrer (En particulier lorsque nous sommes tous tombés d'accord sur le fait que Dieu merci ! c'était muet, sans quoi on aurait eu droit à Loulou - ou bien lui c'était Chouchou ? qui cause anglishe-au-secours-les-Ricains-vont-adorer).

Hein ? Quoi ?
Non, ma mauvaise foi et moi faisons partie des quelques irréductibles cigarettes Gauloises qui n'ont pas encore vu Intouchables. Pourquoi ? ;-)

Alors "zi artist", c'est une bouteille de lait un film de 1h40. Mais muet. Et en noir et blanc, qui plus est. Avec un Jean Dujardin brillantiné. Mais muet. Et en noir et blanc, qui plus est.
Et un chien 50 % cabot 50 % cabotin mais 100 % "ooOoooooh mais qu'il est trognon, je veux le même à la maison" !! (Ah oui, zut, je peux pas, j'ai un chat) (Et c'est un chien de cinéma) Non mais je vous jure, à chaque intervention de l'animal, on pouvait entendre la salle soupirer, un grand "ooooooOOooooh" - sous-entendu "qu'il est chouuuu" - collectif et attendri. Le chien mériterait de recevoir l'Oscar à la place de Dujardin, moi je dis.
Et une Bérénice Béjo que je voudrais bien détester mais qui est tellement adorable dans les tenues et coiffures des années folles que bon, un ou deux Oscars/Césars, tu te dis que finalement, pourquoi pas, elle est quand même moins énervante que Marion Cotillard.
(Et muette, contrairement à la sus-nommée)

Pour résumer, ce n'est pas que je me sois ennuyée - car si je veux être honnête, je dois reconnaître que je n'ai pas vu le temps passer - mais j'ai regardé ça de façon très extérieure, sans jamais vraiment vibrer ni m'enthousiasmer pour une histoire somme toute très simpliste et artificielle. Sauf peut-être pour les numéros de claquettes parce que j'adooOoore les sushis, et les claquettes, aussi. Dommage qu'il n'y en ait eu que... heu... 5 minutes, à tout claquer ?

Autant dire que tout le foin fait autour des possibles récompenses internationales me plonge dans des abîmes de perplexité. Il n'y a vraiment que ça pour représenter le cinéma français ?!!
M'enfin bon.
C'est original et bien léché, la photo tellement belle qu'on se croirait dans une version animée des studios Harcourt, la musique pile dans le ton... C'est mou mou mais c'est ben ben meugnon.

Je pense que ce film restera pour moi un peu comme Amélie Poulain : un OFNI (Objet Filmé Non Identifié) pour lequel je n'ai jamais vraiment compris l'engouement.
(Sauf que celui-là, je ne me suis pas assoupie devant) (Oui oui tu as bien lu, je n'ai jamais vu la fin d'Amélie Poulain : au bout d'une heure, je dormais)

Du coup, mon petit coeur de Patate balance entre un désir bien chauvin de voir une pluie d'Oscars s'abattre sur The Artist, et une peur bleue d'en voir les acteurs hanter les plateaux télés pendant les trois prochaines années...