follet-2.jpgJ'ai plus le temps de bloguer, la faute à Ken Follett ==>
Je suis tombée par terre, c'est la faute à Voltaire Ken Follett itou !
(Paske lire sur les escalators c'est bien joli, mais si tu ne remarques pas l'arrivée en haut ou en bas, patatras !!)

On m'a prêté Un monde sans fin.
La suite des Pilliers de la terre que j'avais tant aimés à l'âge où le poète prétend qu'on n'est pas sérieux : ben si, Dame Patate l'était ! A 17 ans, elle hantait les bibliothèques et dévorait des pavés de saumon historico-romanesques.

On n'aurait pas dû, parce que :

- Même en poche, un bouquin de 1300 pages, ça ne rentre pas dans mon sac à main, je devais me le trimballer à la main, justement (Et comme il n'était pas à moi, j'avais tout le temps peur de l'oublier quelque part)

- Cette saga moyenâgeuse (Oué bon, ok, le vrai mot c'est "médiévale") (Mais Moyen-Âge, moyennant, tu vois pourquoi je n'ai pas pu résister ?)est aussi passionnante que le premier bouquin, moyennant quoi tu es en danger de rater ton arrêt de train (Potato-testé), ton "train du sommeil" de 23h ET de 1h du matin, et de grandement perturber ton train-train de soirée (Bloguer ? Twitter ? Faire à manger ? Alors qu'on peut apprendre à construire un pont de pierre en l'an mil trois-cent trente-deux ?! Peuh !)

- Les corvées ménagères du week-end en prennent un sacré coup !

Mais on a bien fait, parce que j'ai redécouvert le plaisir de bouquiner au calme sur le canapé, avec un bon thé, sans avoir mille pensées parasites à l'esprit ou 3 autres activités sur le feu.

Pour ceux qui n'ont pas lu Les pilliers de la terre - ou qui comme moi, n'en gardent qu'un agréable mais brumeux souvenir, paske bon, c'était y a plus de 15 ans quand même ! - nul besoin de s'y (re)plonger : Un monde sans fin a beau être une suite qui se passe dans la même ville et reprend les mêmes ingrédients, on est catapulté 200 ans après, et on peut très bien apprécier l'histoire des descendants de Jack le bâtisseur sans connaître leur généalogie par coeur.

On est donc toujours à Kingsbridge.
Il y a toujours un prieuré tenu par des religieux plus ou moins intelligents et un prieur toujours aussi com-ploteur; il y a toujours une cathédrale (sauf que là, elle est bâtie, il s'agit de la réparer); il y a toujours des paysans qui souffrent sous le joug des seigneurs, des moines-médecins qui équilibrent tes humeurs avec des prières et des saignées (ça marche du tonnerre contre la peste noire, je te laisse imaginer !), des femmes que l'on accuse de sorcellerie dès qu'elles font mine d'un peu trop s'émanciper, et globalement, de l'être humain avec ses qualités et ses défauts à une époque où il ne comprenait pas trop ce qui lui tombait sur le coin du nez.

C'est correctement écrit et traduit : à vrai dire, sur le style il n'y a pas grand chose à dire si ce n'est qu'il ne se met pas en travers du chemin, tu ne t'exclames pas toutes les 3 lignes "ah-mon-dieu-mais-c'est-écrit-par-un-enfant-de-8-ans !" (Tiens Marc Lévy, prends-toi ça dans les dents !), tu ne tressailles pas d'horreur devant les choix de mots ou de tournures, non... tu es trop occupé à dévorer le pavé !

Parce que dans la série intrigue efficace, Ken Follett se pose un peu là.
Ça se comprend aisément quand il donne dans l'espionnage (ses bouquins "de jeunesse" que j'ai dévorés dans la mienne) ou le polar mais là, je ne saurais dire à quoi ça tient. Les personnages et la façon dont il les rend vivants et intéressants ? La réalité de l'époque qu'il te fait toucher du doigt plutôt qu'observer de loin ? Les rebondissements parfois dignes d'un soap opera américain ?
Je ne sais pas, mais en tout cas on tourne les pages, on est happé, transporté, on a du mal à le poser. On est bien obligé, ça ne se lit pas d'une traite évidemment, mais quand on le reprend, dès les premières lignes on replonge comme si jamais on ne s'était arrêté.

Bref, tu l'auras compris, j'ai quand même bien aimé ;-)
La preuve, j'ai fini par le bloguer !