Parfois, quand je rentre le soir je suis chargée comme un mulet (Les courses, cette plaie du quotidien). Parfois aussi, je meurs d'envie de faire pipiiiiii. Parfois enfin, je suis pressée parce que je dois vite vite me rafraîchir voire me changer et ressortir pour l'une ou l'autre activité.

Quoi qu'il en soit cela ne rate jamais : les 3/4 du temps, je fais une pause et j'ouvre mon courrier dans le hall d'entrée.
Debout devant les boîtes aux lettres, avec les courses éparpillées à mes pieds, au risque de croiser l'un des voisins et d'être obligée - horreur ! malheur ! - de lui faire la conversation.

Comme si je n'avais pas un appartement bien chaud qui m'attend, avec un coupe-papier, une corbeille de "tri sélectif" ce pléonasme de presque-fin-du-monde, et une chaise de bureau pour faire cela au calme et dans l'intimité.
Comme si j'espérais le courrier du siècle. Comme si ceux des impôts ou de mon fournisseur de gaz et d'électricité ne pouvaient pas attendre 5 minutes après avoir passé la journée dans la boîte aux lettres. Comme si je n'étais pas pressée et si l'ouverture du courrier ne pouvait pas non plus attendre le lendemain.

Il n'y a pas de raison rationnelle à cela.
Mais ça ne rate jamais : les 3/4 du temps, j'ouvre mon courrier dans le hall d'entrée.
Et si tu te prépares à commenter pour dire que "si c'est les 3/4 du temps, tu ne peux pas dire "cela ne rate JAMAIS", Pataaaaate", je te répondrai "gna gna gnaaaaaa" que si, parce que le quart restant... j'ouvre mon courrier dans l'ascenceur.

Même qu'aujourd'hui j'étais tellement passionnée par ce qu'écrivait mon FAI, j'en ai oublié de sortir de la cabine arrivée à mon étage, et j'ai eu droit à un tour gratuit pour le rez-de-chaussée ET à une conversation gênée avec la connasse du premier une voisine.
Damned !