Welcome-September.jpgJe pourrais vous mentir et vous dire que quand Patate était petite, elle a-do-rait la rentrée, vous broder un roman sur comment c'était trop bien l'enfance, mais en fait... C'était plutôt mitigé.

Ce que Petite Patate aimait, c'était :

...Faire les courses pour la rentrée (Maman Patate, bizarrement, beaucoup moins).
J'adorais gambader dans les linéaires remplis de fournitures scolaires, contempler les classeurs et cahiers sagement alignés ou les rayonnages de crayons de couleur, passer des plombes à comparer les stylos pour finir par choisir toujours les mêmes : les bics Reynolds, les fluos Stabylo et le long effaceur-réécriveur bleu et blanc à petits capuchons à chaque extrémité.
Une année entre autres car nous n'étions pas riches je prenais grand soin de mes affaires, le choix du cartable et/ou de la trousse me remplissait de joie. Quant à la sélection du cahier de textes, puis plus tard de l'agenda, c'est un plaisir que je continue d'expérimenter chaque année malgré mon âge désormais canonique.

...Recouvrir ses livres et ses cahiers.
Dès que j'ai été capable de le faire moi-même, j'ai adoré débarrasser ma mère de cette corvée, qui pour moi n'en était pas une. Je m'éclatais à couper, plier et scotcher le papier transparent, centrer l'étiquette parfaitement et y écrire mon nom et ma nouvelle classe en tirant la langue comme une bonne petite Patat'appliquée.
Le plus grand kiff de toute ma scolarité ? Quelque part en primaire, j'avais reçu des étiquettes Sarah Kay et j'en ai collé absolument PARTOUT.

...Préparer son cartable en vue du grand jour.
Sans doute un signe précoce de la control freak / petite fille modèle que j'étais appelée à devenir, je n'aimais rien tant qu'aligner proprement toutes les fournitures pour le jour J dans mon cartable tout neuf ou tout nettoyé/brossé/lustré. Il était prêt DES JOURS à l'avance, et tous les soirs je le contemplais avec le sentiment d'avoir mis toutes les chances de mon côté.


Rituel pré-rentrée qui me permettait surtout d'apaiser l'anxiété.

Car ce que Petite Patate dé-tes-tait dans la rentrée, c'était le grand saut dans l'inconnu.
La trouille de ne pas être dans la même classe que ses copines (Puissance mille à l'entrée au collège, puissance douze mille lors de l'arrivée au lycée), l'angoisse de devoir se faire à de nouveaux profs (Et s'ils allaient me détester ?), de nouvelles matières (Et si je n'allais pas y arriver ?), de nouveaux décors (Et si je n'allais jamais m'y retrouver ?), de nouveaux élèves (Et s'ils allaient tous me détester ?).
Même au primaire, alors que je vivais dans un petit bled paumé où il y avait tellement peu d'enfants en âge d'être scolarisés qu'on doublait systématiquement les niveaux (CE1-CE2, CM1-CM2) et que tu t'en doutes, on passait 5 ans dans les mêmes 3 salles, la même cour de récré, entourés des mêmes maîtresses et des mêmes camarades, à cette époque déjà j'étais pétrie d'inquiétude et de maux de ventre les quelques jours précédent la rentrée. Quant à la nuit d'avant, c'est tout juste si j'arrivais à fermer l'oeil.

Cette année, j'ai retrouvé un peu de la petite Patat'anxieuse que j'étais dans mon amour de petit neveu (Qui ne l'est plus tant que ça, vu qu'il entre au collège), qui s'inquiétait déjà cet été de comment il allait trouver la cantine pour manger le midi ou s'il allait réussir à se faire des copains, et qui m'expliquait ce week-end au téléphone que "quand même Tata Patata, la rentrée j'aimerai mieux quand ça sera passé, parce que j'ai un peu peur de ne pas y arriver".

Pauvre petit chou.
S'il savait que l'angoisse ne fait que commencer...