Tu as fêté tes un an de course à pied.
Une année de course à pied. UNE ANNÉE !
Et même un peu plus puisque souviens-toi l'été dernier (Purée, cette référence commence à dater), c'est en juin que j'avais commencé.
Après 20 ans tout rond à répéter que le jogging c'était contre ma religion. Après avoir répondu à une amie qui me parlait d'une étude scientifique démontrant les bienfaits de la course à pied : "je veux bien lire ton étude, mais courir ça use quand même les articulations, ça nique le plancher pelvien, ça fait bobo aux nichons, etc etc etc ... Marcher, c'est le bien" ... Je peux le citer à la virgule près, c'était mon mail du 18 mai 2014 dont elle s'est fait un plaisir de m'envoyer une capture d'écran, en souvenir de ma mauvaise foi passée.

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Tu as couru tout l'hiver.
En fin d'après-midi quand il faisait déjà nuit ou dans le petit matin blême.
Sous la pluie. En plein vent. Dans le froid. Dans la neige (NdT : très mauvaise idée les baskets dans la poudreuse, c'est le rhume assuré). Par moins 5° avec ta sueur qui gelait sous ton bonnet alors que tu ne sentais déjà plus ni ton nez ni tes extrémités.
Et tu as trouvé ça BON !

Tu ne fais plus que les boutiques de running
Incroyable mais vrai : en 2015 Patate Pouffe n'a pas fait les magasins.
Ni aux soldes d'hiver, ni à ceux d'été (Rappelons au passage que les soldes c'est masculin, comme un SS, un torero : LA solde c'est la paye du soldat). Et elle ne s'est même pas sentie privée. Le début de la sagesse et de la maturité ?
Vu la fréquence de mes visites chez Décathlon et le CARNAGE que j'ai fait lors de ma dernière visite chez Nike, je dirais plutôt que c'est une révision de priorités.

Tu possèdes le même soutif de sport en 4 exemplaires
Parce que tu les as tous essayés et que c'est le SEUL qui ne soit pas moche, qui reste confortable et qui soutienne POUR DE VRAI.
(Contrairement à toutes les fadaises qu'on peut lire ça et là, écrites par a) des hommes ou b) des nénettes qui n'ont jamais couru de leur vie avec 1 kilo de graisse attaché à chaque pectoral) Je vous PROMETS que je vous en parle bientôt.

Tu uses et abuses du cycle court de ta machine à laver
Même si tu essayes de lutter, notamment en achetant le même soutif en 4 exemplaires, il y a une corvée inévitable quand tu te mets sérieusement à la course à pied, et dont personne ne te prévient : tu passes TA VIE à faire la lessive.
Au début, je n'avais qu'un seul collant de running et royalement 2 T-shirts alors il fallait bien les laver d'une fois à l'autre. Ensuite, au fur et à mesure que je me suis équipée, j'ai continué à faire des machines régulièrement, parce que les vêtements "techniques" dans lesquels tu as transpiré, si tu les laisses sécher sans les laver (Au hasard, 3 semaines dans le bac à linge sale de Procrastino-Potato) ... ILS PUENT LA MORT !

Tu t'uses la peau à force de te doucher
Parce que toi aussi, si on te laisse sécher sans te laver direct au retour d'une "sortie", TU PUES LA MORT. Alors les jours où tu cours, tu te douches deux fois en demandant pardon à Saint Nicolas Hulot pour ce gaspillage d'eau. Mais il ne t'entend pas, forcément, avec le bruit de vidange de la machine à laver.

Tu passes des soirées entières à te documenter
De programmes d'entraînement en techniques d'amélioration de la foulée en passant par la nutrition du coureur de fond et l'intérêt de ne pas oublier l'endurance fondamentale entre deux séances de fractionnés... Des heures de lecture que je n'ai même pas vues passer ! (Tu comprends pourquoi je n'avais plus le temps de bloguer ?)
Ou comment apprendre que VMA ce n'est pas "Va Mourir Andouille !", que "travailler au seuil" ce n'est pas faire ses devoirs sur un pas de porte, et qu'il n'y a pas de preuve scientifique que la compression améliore les performances mais les manchons sont tellement funky que pourquoi pas ?

Tu te demandes si ça vaut bien le coup de sortir pour "juste 5 km"
Tu te surprends à décliner les invitations à courir au parc de la copine qui crache ses poumons passée la première boucle, à te demander si courir à peine 5 km justifie de devoir se relaver les cheveux (Oui parce qu'on transpire de la tête aussi, je vous l'avais pas dit ?) alors qu'ils sont tout propres de hier, et tu te dis que payer un dossard pour une "petite course de rien" (comprendre : moins de 10 kilomètres) c'est vraiment a-bu-ser. Que de chemin parcouru en à peine une année.

Et surtout ...
Quand un petit bobo te tient éloignée de tes baskets pendant un mois ... Tu es tellement frustrée, à cran et en manque... Que dès que possible tu t'y remets. Toute seule. Sans coups de pied au tubercule ni tous les chiens de l'enfer à tes trousses.
Et ça, pour la reine des Patates de canapé, c'est LE signe qu'elle est devenue une coureuse.