A force de se ruiner en psychothérapies en tout genre, on finit par identifier quelques uns de ses comportements "à problèmes".
Voire, si l'on persévère dans l'analyse, par en découvrir les causes. Voire même, m'a-t-on promis car je n'en suis pas encore à ce stade de la sagesse, par réussir à les modifier.
Si tant est que lesdits comportements soient source d'une souffrance, parce qu'on peut aussi juste les accepter et envoyer le reste du monde se faire voir chez les Grecs dans le pays de son choix (Qu'on m'a dit... Moi pour l'instant je ne suis pas très forte en envoyage-chier).

Tout cela pour dire qu'entre autres traits de caractère, votre tubercule favori est pourri pétri d'une résistance au changement puissance dix mille.

Resistance-au-Changement.jpg
Ce qui est plutôt fâcheux, car ainsi que l'illustre mon message Yogi Tea de l'autre jour, la vie n'est faite que de mouvement, changements, fractures et ruptures.
Le changement c'est la vie !
(Et aussi le gras, ne l'oublions pas)

Et Dame Patate n'aime pas DU TOUT ça.
Le changement m'angoisse, la perspective de l'inconnu me plonge dans des abîmes d'anxiété, la peur de "tout perdre" me paralyse.

C'est bien simple, les seuls changements que j'aie jamais initiés dans ma vie l'ont été sous l'impulsion et avec le soutien moral d'un tiers (En l'occurrence : Cro-N'ex, pour lequel j'ai tout changé dans ma vie, tout abandonné, tout laissé derrière) (Avec le succès que l'on sait, car j'aurais mieux fait de me casser une jambe le jour où je l'ai rencontré) (Le changement ça pue du cul, CQFD). Sinon, je n'ai jamais été à l'origine d'un quelconque changement, je ne les ai que subis, et j'ai HORREUR de cela.
(Mais je te l'ai peut-être déjà dit ?)

Je ne sais pas comment sont cablés les gens qui déménagent joyeusement tous les deux ou trois ans, qui ont CHOISI l'intérim parce que "c'est génial" de changer de boulot tous les six mois, ou ceux qui accueillent l'annonce d'un changement imminent avec le flegme d'un lord anglais, voire l'enthousiasme d'un enfant au matin de Noël, mais clairement : on n'est pas cablés pareil, les gens !

Je ne sais pas trop quelle est la part d'inné là-dedans.
Je sais en revanche, merci Mme Mapsy, qu'il y a une belle part d'acquis, car j'ai été éduquée comme une bonne petite fille sage, à ne pas faire de vagues, à craindre l'inconnu, à ne pas prendre de risques et à ne surtout pas sortir des chemins bien balisés.
Totalement par amour et avec la louable intention de me préserver de tout danger, il n'est pas question de jeter la pierre à mes parents (Qui ont sans aucun doute eux aussi été élevés de la même façon), mais le fait est que cette éducation versée sur le terreau fertile de mon conservatisme naturel, a fait pousser une petite Patate pétrie de peurs.

Ne pas lâcher la proie pour l'ombre.
On sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne, un "tiens" vaut mieux que deux "tu l'auras", etc etc, etc...
Résultat, j'aborde le changement comme on aborde une falaise : lentement, à petit pas prudents, en freinant des quatre fers, en criant "non non nooooon !" tout du long, et je ne saute finalement que si quelque chose ou quelqu'un me pousse dans le dos. Et encore, je ferme les yeux et je me fais pipi dessus pendant la chute !
(Ceci est évidemment une métaphore, merci au grand internet mondial de ne pas en profiter pour me coller de la publicité contextuelle concernant l'incontinence urinaire)

Il faut dire que l'expérience m'a appris que les erreurs se payaient au prix fort et pendant longtemps (Cf. ci-dessus, mon grand regret de la guibole cassée), et que je suis naturellement encline à m'abstenir plutôt que de risquer de me tromper.
Mme Mapsy, elle dit : perfectionnisme + léger sentiment de supériorité + zéro confiance en ses capacités (Ouais, il paraît que c'est compatible) (Compliquée, moi ? Noooooon) + peur de mal faire + peur d'être jugée et de ne plus être aimée + peur de souffrir = on ne bouge pas, on ne fait rien, on reste paralysée comme le lapin dans les phares de la voiture.
Ce qui n'est pas très pratique, pour traverser une route. ;-)

Comment réussir à changer (Ha ha ha), alors ?
Bah je cherche, je cherche, je te préviendrai quand j'aurai trouvé.