noeud-coulant.gifIls étaient juste devant moi quand nous sommes montés dans la bétaillère le bus. Deux gamins de 7 ou 8 ans qui balançaient presque à bout de bras des sacs à dos aussi gros qu'eux. Un garçon et une fille.
Appelons-les Nicolas et Pimprenelle.

Alors que tout le monde s'engouffrait dans le véhicule, Nicolas se précipita - juste sous mon nez, groumpfff !! - vers le dernier siège de libre. Damned !
Quelle chance d'être jeune et rapide sur ses petites jambes, pensa Dame Patate, serrée comme une sardine avec les autres malchanceux.
(Oui, aujourd'hui c'est festival passé simple et propositions incises, c'est comme ça)

Debout à côté de lui, Pimprenelle ne tarda pas à réagir :
"T'es bête (Ok, c'est sa soeur), laisse s'asseoir les vi- ... les personnâgées !"
(Brave petite, la politesse ce n'est pas inné mais tu fais de beaux efforts)
Ce à quoi Nicolas rétorqua : "Patate ! (Hein ? Quoi ? Qui me parle ?) Y en a pas."

Ce qui ne l'empêcha cependant pas d'obtempérer (Ok, c'est sa soeur aînée).
Il n'était pas sitôt levé que s'affalait un Tubercule reconnaissant (Ben quoi ? Moi aussi j'étais chargée !) sur le siège ainsi libéré.

Ah, c'est beau tout de même, tout espoir n'est pas perdu pour le pays, il y a encore des gamins bien élevés; brave petite, non seulement polie et dégourdie, mais qui en plus éduque son jeune frère au civisme élémentaire; c'est bien, tu peux être fière ...
J'en étais là de mes pensées lorsqu'une petite voix flûtée me fit dresser l'oreille.

Me désignant du menton : "Ah ! Tu vois bien qu'il y en a, des vieux !"


(Petite conne !)