"Pan, pan, couche !"

Le petit d'homme qui, à vue de nez, ne doit pas dépasser les 3 ans, tend le bras vers moi, l'air aussi décidé que Goldorak face au golgoth. Sauf que et de d'une (NdT : je sais qu'on ne dit pas "de" d'une, c'est un tribute to ma mamie-à-moua), je ne suis pas un golgoth mais une délicate Patate, et de deux, point de fulguro-poing au bout de son petit bras (Dieu merci, tu me diras), mais une peluche crasseuse aux grands yeux, dont un qui menace de tomber.

Heuuu, c'est à moi qu'il parle, là ?
Il y a d'autres gens sur le quai, mais à cet instant, nous sommes un peu isolés, le petit d'homme, ma petite personne, et une petite dame à l'air indifférent (Ou juste fatigué ? Allons Patate Pourrite, un peu de pitié) qui doit être sa maman.
Hé ho, madame, tu pourrais un peu le surveiller, ton gamin, il me PARLE, quoi !
(Oui donc je précise : en gras, ce sont mes PENSEES hein, pas ce que je dis en vrai) (En vrai, je mettrais des guillemets) (Comme là tout de suite, tu vois ?)

"Salut toi, comment tu vas ?"
Re-brandissage de peluche dans ma face. Ou plutôt mon estomac, vu que non seulement, mon agresseur est haut comme trois bites à genoux (Cherchez pas, un autre tribute to ze Potato-family) pommes, mais qu'en plus je suis perchée sur de jolies compensées.
"Pan, pan, couche !!"
Ok, il est monomaniaque cet enfant.

Mais qu'est-ce qu'il me veut ?
Me flinguer ? Que je me couche ? Il veut COUCHER ? A son âge, déjà ?! Hé ben ça les mecs, ils commencent tôt ! Qu'est-ce qu'on fout dans leurs biberons ? Regard en coin à la maman qui, c'est sûr, est coupable d'avoir mis des trucs chelous dans le biberon pour faire de son fils un obsédé sexuel meurtrier, et ferait mieux de récupérer son gamin avant que je ne le pousse sur la voie !!
Bon, je lui dis quoi pour qu'il me lâche la grappe le mouflet, là ?

Grand sourire de la Patate, pas du tout embarrassé.
"Oui, il est joli ton doudou." (Je sais, il ne faut pas mentir aux z'enfants, gna gna gna gnaaaaa) ''Il s'appelle comment ?"
Le petit d'homme pousse derechef ledit doudou (qui a bien dû être joli un jour, mais qui est désormais à moitié borgne et surtout plein de bave séchée et autres résidus auxquels je n'ai pas envie de penser) (sur mon joli trench beige, rhaaaaaa retenez-moi je vais le pousser !) dans mon plexus solaire.
"Pan ! Pan !"

Ok, c'est un futur psychopathe, c'est sûr
Et là Dieu merci, avant que le tiers-de-portion ne finisse écrabouillé par un train ou que la Patate ne finisse assassinée par un fulguro-poing-doudou-crado, la maman remarque enfin la maladroite conversation que nous avons entamée, son rejeton et moi.
Surtout lui, ai-je d'ailleurs envie de lui faire remarquer, paske moi j'étais bien tranquille, seule sur le sable, les yeux dans l'eau quai, les écouteurs dans les oreilles.

"Il vous embête ?" Nooooon, si peuuuuu.
"Il n'arrête pas depuis ce matin." T'as qu'à arrêter de mettre des trucs pas nets dans son biberon aussi ! "Il a insisté pour qu'on mette une couche à Panpan et il le montre à tous les gens qu'on croise."
* tilt *
Lumière dans les brumes du cerveau patatesque : il n'est pas juste gris de crasse, le doudou, il est gris de base !
Grands yeux, certes, mais aussi grandes oreilles; et maintenant que le môme arrête de te le coller dans le bide, effectivement tu t'en rends compte : c'est Panpan, le copain de Bambi ! Mais crasseux. Et avec une pull-up bariolée qui lui cache le pompon et la moitié des pattes.

panpan.gifPanpan, avec une couche.
Sale gosse, il ne pouvait pas le dire plus tôt ?!


Potato-scriptum : aucun moins de 5 ans ni aucune peluche n'ont été maltraités pour les besoins de cette blog-note. Je suis bien élevée, et je fais très bien semblant de m'intéresser tout en priant désespérément que le train montre enfin le bout de son nez au bout du quai !.
Et donc, pour les ceusses qui se demanderaient, le lapin en peluche porte très mal la couche-culotte, je ne vous conseille pas d'organiser des défilés de mode !