Aujourd'hui point de Patate : c'est Talie qui est au micro.
(Oué ouéééé, Talie est dans la place, tout baiiiigne)

La miss est, tout comme ma dernière invitée, une blogueuse morte de flemme contrariée mais une micro-blogueuse acharnée, ce qui lui a valu le petit défi ci-dessous. La question était : "c'est quoi pour toi un bon thé ?"

La réponse est surprenante (Lisez, lisez, j'vous jure ça cause de thé) mais oui, finalement c'est bien ça, un bon thé.
(Où la Patate se rend compte que ça fait loOongtemps qu'elle n'en a pas dégusté un, de bon thé, malgré un piochage quotidien dans les boîtes et sachets tous plus délicieux les uns que les autres sur ses étagères)

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La journée fut difficile.
Levée trop tôt par les enfants, la douche trop rapide pour détendre les nerfs, le départ trop accéléré car j’ai réalisé que la première réunion du matin commençait bien plus tôt que d’habitude !
Métro-boulot-dodo ? Non, pas dodo, pas encore.
Les réunions s’enchaînent à la vitesse grand V. Il est déjà l’heure du déjeuner, repas frugal assez rapide, juste le temps d’échanger 2-3 banalités avec les collègues et me voilà repartie mettre en application tout ce dont on a discuté le matin. Et arrive 17 heures et on n’a rien eu le temps de faire. Ca c’est ce qu’on dit quand on a fait beaucoup mais pas la moitié de ce qu’on avait prévu. Certains jours sont plus difficiles que d’autres...

Il est temps de repartir; métro, voiture, bouchons.
Un premier arrêt pour récupérer le bébé, vite on échange 2-3 mots avec la nourrice et puis on repart. Deuxième arrêt à l’école du grand qui nous attend en larmes parce qu’il pensait qu’on ne serait pas là à l’heure pour venir le chercher.
Tout en l’habillant, en tenant serré le bébé contre soi, le réconforter, lui citer une liste de personnes qui viendraient le chercher si maman ne pouvait pas arriver à l’heure, tout en sachant qu’aucune de ces personnes n’est réellement disponible à ces horaires mais bon, ça le rassure. Et puis ça me rassure aussi, ce n’est pas si terrible le centre de loisirs, s’il pleure c’est à cause de la peur de l’abandon, pas du centre en lui-même.

On attache tout le monde dans la voiture et on repart en direction de la maison. Les enfants rigolent derrière, tant et si bien que le petit vomit un peu de son 4 heures. Le remake de La Cité de la Peur dans la voiture, me fait moyennement rire.
(NdT : avais-je mentionné qu'en plus de parler de thé, ce texte avait des vertus contraceptives ? ;-) )

Chercher une place.
Ah, ça paraît facile comme ça mais certains jours, les gens ont décidé de nous enquiquiner. Alors on tourne, 5, puis 10 minutes, puis 12 et enfin, un sésame se présente. C’est aussi loin de chez toi que l’était l’école mais bon, au moins, tu es bien garée, tu ne prendras pas de prune.
Attends, on est quel jour déjà ? Le 14, faudra que je parte tôt demain si je ne veux pas me faire enlever la voiture pour stationnement gênant, c’est changement de côté cette nuit ! Et ils sont rapides par ici pour faire enlever les véhicules garés du mauvais côté !

Le grand descend de la voiture, je lui hurle de se mettre sur le trottoir, mais perdu dans ses pensées... je suis obligée d’aller le chercher pour le ramener en sécurité. Pendant ce temps, le petit chouine qu’on ne le détache pas assez vite à son goût. Oui, oui, j’arrive, juste une demi-seconde s’il te plait.
Le bébé dans les bras, le grand tenu par la main, nous rentrons enfin à la maison. Cela fait 1 heure ½ que je suis sortie du boulot, la nuit est tombée mais je n’ai pas l’impression d’avoir fait quelque chose de particulier.

S’arrêter prendre du pain, acheter quelques légumes pour la purée du petit, récupérer le courrier. Et les 3 étages. Sans ascenseur. Ce serait trop facile sinon.
Rentrer, enlever les blousons, les chaussures. Réaliser qu’une couche est à changer. Le grand a soif. A cet age, la patience, ils ne connaissent pas.
Les cris arrivent : le petit parce qu’il veut jouer avec son grand frère au lieu d’être sur cette table à langer, le grand parce qu’il a soif et qu’il veut aller aux toilettes. Une couche plus tard, un verre se remplit enfin. Le calme gagne la maisonnée.
Les enfants se retrouvent dans leur chambre pour jouer. Ils sont heureux de se retrouver le soir : pourvu que ça dure !

J’envisage enfin un moment d’accalmie.
Je me dirige vers la cuisine, filtre un peu d’eau et met à chauffer ma bouilloire. 80°, température idéale pour un thé noir.

Pas trop chaud pour ne pas brûler les feuilles et aussi pour pouvoir l’apprécier plus rapidement. Je sors une tasse, un yo-yo (NdT : je n'ai pas la moindre idée de ce qu'est un yo-yo mais je me doute que ce n'est pas le jeu de mon enfance, car celui-là il casse les tasses !) et choisis mon thé.
Ce soir, ce sera « Jardin Bleu ».
Quelques secondes plus tard, je verse l’eau chaude sur les feuilles de thé qui se tordent en laissant apparaître au gré de leurs contorsions de magnifique volutes brunes. Alors que l’eau se colore doucement, une senteur fruitée se répand. Je hume l’odeur du Bonheur.

Une fois l’infusion terminée, je peux enfin profiter de mon délicieux breuvage doré.
La première gorgée est douce, tellement douce que tout à coup plus rien n’a d’importance. J’apprécie toutes les suivantes; je me délecte de chaque gorgée. Je me détends.

Les arômes envahissent mon palais et me transportent dans ce jardin au ciel bleu. Il ne s’est écoulé que 5 minutes depuis que j’ai mis l’eau à chauffer mais pourtant, j’ai pu atteindre mon petit coin de paradis.
... Et en redescendre au cri du petit qui s’est fait voler son jouet par son grand-frère.

Ce n’étaient que 5 minutes, mais les 5 minutes les plus agréables de cette folle journée.
Je suis enfin détendue. Maintenant, je peux aller jouer avec mes enfants - un autre paradis s’ouvre à moi - avant d’aller préparer le repas. Mais j’emmène ma tasse avec moi.
(NdT : mmmh, dangereux, ça sent la flaque de thé sur le tapis ça... ;-) )