closed.jpg(D'où l'on peut déduire que cette expression ne me vient pas d'un commerçant, qui aurait plutôt baissé "le rideau" mais d'une personne équipée de volets roulants paske sinon en général le volet c'est comme sa gueule on le ferme)

Le travail est exigeant, le travail est stressant, ce n'est certainement pas moi qui vous l'apprends.
Que ce soient son contenu, ses conditions ou la pression de la hiérarchie / des collègues / des clients; que l'épuisement soit physique ou mental ou un mélange des deux, il est dur aujourd'hui, vraiment dur, d'être "bien" dans le monde du travail. Paradoxal non ?
Culpabilisant même, quand on voit à quel point il est "normal", attendu et valorisé que l'on se marie, fasse 1.99 enfants et construise une maison avec un jardin et un chien... tout en s'éclatant dans un job épanouissant.

Que ceux qui y parviennent sans effort savourent leur chance et en profitent tant qu'elle durera (Jusqu'à 67 ans, donc ;-) ) .

Il est bien sûr terrible d'être au chômage, au RMI, à la rue, mais ça n'empêche pas qu'il soit souvent pénible d'aller tous les jours faire broyer sa vie, son énergie, son mental (ou son dos !) dans le petit monde du travail où il faut faire toujours plus avec toujours moins d'hommes et de moyens.
C'est destructeur de ne pas travailler (On ne me fera jamais croire que ça existe, le chômeur béat, content d'être à la charge de la société) (Ou alors quelques uns peut-être, mais des pas très futés) mais que faire lorsque le contraire est tout aussi destructeur ?

Lorsque l'on s'épuise à angoisser parce qu'il y a trop peu d'heures dans une journée ?
Lorsque l'on passe une partie de son week-end à ruminer ce qu'on n'a pas eu le temps de faire, ce qu'on a dû bacler pour y arriver, ce qu'on aurait dû répondre à untel lors de la réunion de mardi où on est sorti(e) direct pour aller vomir aux toilettes tellement l'estomac faisait des noeuds ?
Lorsque l'on passe l'autre partie de son week-end à faire des listes dans sa tête : ce qu'il ne faut pas oublier, ce qu'il faudra faire lundi à la première heure, le mail qu'il faudra envoyer au Chef et que tiens, on va composer samedi dans la nuit, et s'envoyer à soi-même sur la boîte du boulot, ce sera déjà ça de gagné ?
Lorsqu'on regarde l'ampleur de la tâche et que celle-ci nous retient au bureau jusqu'à ce qu'il fasse nuit quand enfin on rentre comater dans son canapé avant de grapiller quelques heures de sommeil pour être à même le lendemain de recommencer ? Encore et encore et encore jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Quand on a de la chance, une famille et des amis soutiennent celui qui souffre...
Et qui les fait souffrir en retour car même s'il tente de préserver son entourage, le stress est une maladie qui grignote la vie petit à petit. Toute la vie. La soirée qu'on voit à peine passer parce qu'on est rentré crevé à 20h, 21h, 22h (!) et qu'on mange vite vite avant d'aller se coucher en priant pour que le week-end soit meilleur. Le resto où l'on a à peine écouté les conversations parce qu'on pensait au dossier machin. Le match/récital/spectacle du grand qu'on a manqué pour cause de projet à boucler avant lundi. Le livre qu'on n'a jamais le temps de lire au petit, t'façon on n'est pas encore rentré, le soir quand il se couche.
Et ces disputes idiotes qui partent d'un mot mal pris, d'une goutte d'eau qui n'a rien à voir avec l'océan où l'on se noie mais fait quand même déborder le vase, de ces "nerfs" qu'on passe sur la maisonnée faute de pouvoir les lâcher ailleurs.

Quand on a de la "chance", on peut tenir des années comme ça.

Quand on n'a pas de chance, on est tout seul quand on rentre le soir tellement épuisé qu'on n'y voit plus clair mais miné par la certitude de n'avoir pas su, pas PU faire du bon boulot.
Tout seul le week-end quand il faudrait vivre au lieu de se détruire le mental à cause du boulot. Tout seul sans personne pour vous dire "tu m'inquiètes chéri(e), arrête de te laisser bouffer", sans qui que ce soit pour tirer le signal d'alarme et stopper le train avant qu'il ne déraille. Tout seul la nuit à tourner et retourner les mêmes pensées, ou le matin quand on est tellement malade qu'on tient à peine debout mais qu'il faut y aller quand même parce qu'on compte sur vous et que si vous n'y allez pas le boulot retombera au choix sur les collègues "à qui on ne peut pas faire ça", ou sur vos épaules quand vous reviendrez assorti d'une remarque bien sentie sur la deadline qui était avant-hier.

Quand on n'a pas de chance, on tire sur la corde mais elle tient moins longtemps.

On finit tous pareil : dans le cabinet de quelqu'un qui vous dit "ça suffit".
Et que vous écoutez, de préférence avant de vous être suicidé vraiment détruit la santé.

  • Le travail, c'est la santé,
  • Rien faire c'est la conserver.
  • Les prisonniers du boulot,
  • Font pas de vieux os !

  • 1965, le gars il avait déjà tout compris.
  • Et de fait, il est décédé à plus de 80 balais ;-)


Il va donc falloir apprendre à baisser le volet une fois la journée terminée, Madame Patate. De 8h ma-xi-mum, la journée, hein ? Sans tricher ! Et pour commencer vous allez me prendre une petite semaine d'arrêt maladie avec un gentil cocktail pour dormir et s'anxiolytiser. Oui je sais, vous avez déjà repris les anti-dépresseurs mais ça ne suffit plus là, vous vous en rendez bien compte ?

Arrêtez à la fin avec vos "Oui je sais mais...".
Interdit d'angoisser à l'idée de ce qui vous attendra en revenant, ou de culpabiliser parce que vous allez manquer deux réunions et un groupe de travail, on-s'en-fout, pensez à vous. Je sais bien que malgré tout le temps passé chez la psy vous n'êtes pas encore convaincue d'en valoir la peine, mais pardon d'être brutale : qui le fera sinon vous ?
Soyez votre propre amie, prenez soin de vous !

Baisser le volet...Pourquoi ai-je donc l'impression d'être la seule à ne pas y arriver ?